Ou non ? Un groupe parmi les pieux prédécesseurs, tels que Yûsuf ibn Asbât et ‘Abd Allâh ibn al-Mubârak, a déclaré : « Les soixante-douze sectes se réduisent aux Khâridjites, aux Chiites, aux Qadariyya et aux Murji’a », excluant ainsi les Jahmites du nombre des soixante-douze. Telle est également l’opinion de certains compagnons de l’imâm Ahmad et d’autres savants.
Quoi qu’il en soit, les Jahmites ne sont apparus dans la communauté qu’après l’émergence de ces quatre innovations. Quant aux Compagnons et aux Successeurs, ils sont unanimes à affirmer tout ce que le Messager d’Allah – paix et bénédictions d’Allah sur lui – a apporté concernant les Attributs d’Allah, le Jour dernier et les actes cultuels prescrits.
Sache encore que, sous divers aspects touchant aux croyances et aux pratiques cultuelles, les chrétiens et les juifs sont meilleurs que ces gens-là. Chez eux, la foi relève de la sagesse théorique et le culte de la sagesse pratique.
Or c’est précisément de cette sagesse pratique qu’il est ici question : les juifs et les chrétiens reconnaissent l’obligation des actes d’adoration, admettent que Dieu seul mérite le culte, et croient à la récompense et au châtiment distincts, à la Grande Résurrection, au retour des corps avec les âmes, et à bien d’autres vérités annoncées par les messagers. Cependant, ils ont altéré une partie de ce qu’ont apporté les envoyés et n’ont pas suivi les prescriptions abrogeantes de leurs propres lois : ils ont cru en une partie du Livre et renié l’autre, tombant ainsi dans la mécréance à la suite de la falsification et de l’abrogation du premier Livre. Dans la religion originelle des juifs et des chrétiens, il n’est nullement prévu que quiconque soit dispensé des actes cultuels prescrits, ni que les interdits légaux deviennent licites pour quiconque.