Par ailleurs, l’objectif premier visé n’est autre que de parfaire l’âme par cette science ; l’assainissement du caractère et l’exercice de l’âme la préparent à cet effet, et les actes cultuels y concourent. Dès lors que l’on démontre la corruption du principe sur lequel ils ont fondé leurs propos, l’invalidité de leur parole apparaît dans sa racine même.
De plus, il est su d’une science nécessaire, corroborée par la transmission massivement relayée et par l’expérience notoire, que les œuvres vertueuses entraînent, de façon distincte, des bienfaits en ce monde, tandis que les œuvres perverses engendrent l’opposé ; et qu’Allah — exalté soit-Il — a châtié les gens du polythéisme, des turpitudes et de l’injustice, tels que le peuple de ‘Âd, de Thamûd, de Lôṭ, les gens de Madyan et Pharaon, par un châtiment extérieur, perceptible, étranger à leurs âmes, et qu’Il a honoré les gens d’équité et de piété par des faveurs tangibles, constatables. C’est une réalité à laquelle toutes les nations souscrivent ; comment donc prétendre que la finalité des adorations et des actes d’obéissance se limite au seul perfectionnement intérieur des mœurs ?
Il est également apparu, d’après ce qui précède, qu’Allah — Très-Haut — est un Agent volontaire : Il agit selon Sa volonté et Sa puissance, Il exauce l’invocation de Ses serviteurs croyants, et Il brise les habitudes par des événements dépassant les forces naturelles et psychiques connues. Cela montre encore l’effet extérieur des adorations et des actes d’obéissance.
Parmi ce qui met en évidence l’inanité de leur propos, il y a leur prétention selon laquelle la finalité de la mission prophétique se résumerait à l’instauration de la justice terrestre, et que les Messagers n’auraient pas exposé aux gens la réalité des choses, mais en auraient dissimulé l’essence tout en manifestant l’inverse, partant de l’idée que la vérité, en tant que telle, serait l’opinion des philosophes.
Or, lorsque cela devient manifeste auprès des gens, les natures saines le rejettent, les hommes le démentent, et il ne subsiste plus, à leurs yeux, de Dieu que l’on redoute et adore, ni de Seigneur pour lequel on prie et devant lequel on se prosterne ; ils disent donc : « Les Messagers… »