« … le délice de contempler Ton Visage et l’ardent désir de Te rencontrer, sans calamité nuisible ni tentation égareuse. » Rapporté par an-Nasâ’î et d’autres.
Le propos, ici, est que l’âme n’atteint pas sa perfection par la seule connaissance d’Allah qui ne serait accompagnée ni d’amour pour Lui, ni d’adoration envers Lui, ni d’aucune autre obligation ; elle ne se rectifie et ne se complète que si elle aime Allah et L’adore.
Par ailleurs, quand bien même l’on supposerait que sa perfection réside uniquement dans la science, il ne s’agirait pas de la connaissance d’une existence absolue et d’universaux subsistant par eux-mêmes. Ce sont pourtant ces concepts intellectuels que certains érigent en perfection de l’âme, notamment selon l’opinion d’Ibn Sînā et de ses partisans, qui prétendent que les entités particulières et individuelles ne peuvent être appréhendées que par un corps ou une faculté corporelle. Or, l’âme, à leurs yeux, n’est pas de cette nature ; elle ne saisirait donc aucune des réalités particulières existant au dehors. De là, ils ont nié que le Créateur — qu’Il soit exalté — ait connaissance des entités particulières existantes, appelées « les individuels » ; pour eux, Il ne connaît qu’une réalité absolue et universelle, et il en irait de même pour l’âme. Il est cependant manifeste que les existants extérieurs ne sont pas des universaux ; dès lors, la connaissance de ces notions absolues, dépouillées de toute détermination, n’est pas la science d’un être réel extérieur. Ce n’est donc point la véritable science recherchée en premier lieu ; la science authentique, visée d’emblée, est bien plutôt la connaissance des êtres extérieurs, établis en eux-mêmes.
En outre, la science qui parfait l’âme doit impérativement impliquer la connaissance d’Allah ; or ils ne connaissent pas Allah. Ils ne connaissent qu’une existence absolue qui ne se trouve que dans les esprits et nullement dans la réalité concrète ; c’est pourquoi ils ont réduit les actes d’adoration à un simple moyen de réforme du caractère, bâtissant