Le connaître et L’aimer ; autrement, si l’on admet qu’une âme connaisse l’Être nécessaire tout en Le haïssant, en Le fuyant et en Le blâmant, elle sera malheureuse et vouée au supplice. En vérité, cette catégorie d’êtres humains est parmi les plus misérables et les plus sévèrement châtiés ; tel fut le cas d’Iblîs, de Pharaon et de nombreux mécréants : ils reconnurent la vérité sans l’aimer ni la suivre et furent, de ce fait, les plus durement punis.
Bien plutôt, l’amour d’Allah — exalté soit-Il — constitue la perfection visée par Sa connaissance et fait partie intégrante de Son adoration ; car l’adoration renferme la perfection de l’amour jointe à la perfection de l’humilité. Voilà la réalité de la religion d’Ibrâhîm l’Ami intime – sur lui la paix –, l’Imam des monothéistes, au sujet duquel Allah, Très-haut, a dit :
« Certes, Ibrâhîm était à lui seul une communauté, dévoué à Allah, exclusivement voué à Lui, et il n’était point du nombre des associateurs. » (sourate an-Naḥl, 16 : 120)
Le terme « umma » désigne celui que l’on prend pour modèle, tout comme « quudwa » signifie celui que l’on imite, ainsi qu’Il l’a dit dans un autre verset :
« Et lorsque son Seigneur éprouva Ibrâhîm par certaines paroles, puis qu’il les eut accomplies, Il dit : « Je vais faire de toi un guide pour les gens. » » (sourate al-Baqarah, 2 : 124)
C’est Ibrâhîm l’Ami intime qui s’opposa à ces gens, tel Nimrod et consorts.
L’adoration d’Allah seul, Son amour et Sa magnification représentent donc l’un des plus grands accomplissements et la félicité suprême de l’âme ; son bonheur ne réside nullement dans une simple connaissance dépourvue d’amour, d’adoration et de dévotion. Le propos de ces gens s’apparente à celui de Jahm et de ses partisans, qui réduisent la foi à la seule connaissance ou à l’assentiment de l’âme, sans y inclure son amour ni les autres œuvres qui relèvent de la foi ; nous avons, ailleurs, exposé la fausseté de leur opinion.
Quant à ces philosophes, ils ont concentré en eux tous les maux : la parole de Jahm ibn Ṣafwân – contre laquelle les pieux prédécesseurs ont élevé une vigoureuse réprobation – n’est qu’une partie de leur doctrine. Bien plus, les polythéistes qui associent à Allah des égaux qu’ils aiment comme ils aiment Allah sont encore préférables à ces philosophes ; ceux-là, en effet, reconnaissent l’amour d’Allah et le considèrent comme faisant partie de la perfection humaine, mais ils se sont égarés en aimant, aux côtés d’Allah, d’autres que Lui.