Quant à la prolixité dont certains peuvent tirer profit, ou dont d’autres ont réellement besoin, lorsqu’elle est présentée dans cette perspective, elle est louable, même si d’aucuns peuvent s’en passer.
La seconde catégorie de preuves est constituée de celles qui sont valides et formulées de la manière la plus concise ; il s’agit là d’une vérité exempte de tout reproche. Ce n’est pas ici le lieu d’en détailler les aspects, car la question est trop importante pour être traitée incidemment.
Le propos, ici, est d’avertir que ceux qui affirment que le monde est un effet d’une cause productrice et que les miracles des prophètes ne sont que des forces psychiques sont, à bien des égards, plus répréhensibles que nombre de polythéistes et d’adorateurs d’idoles. Ce qui le montre, c’est que ces individus ne reconnaissent pas que les actes cultuels institués par les messagers visent essentiellement la réforme morale de l’homme ; selon eux, la sagesse – comme pour le reste des hommes – se divise en deux volets, théorique et pratique. Le volet pratique consiste, d’après eux, à réformer la politique des créatures, du foyer et de la cité ; ils prétendent donc que la législation révélée n’a d’autre finalité que cette politique civile, domestique et morale.
Nous avons déjà précisé que nous ne nions pas la part de vérité que renferme leur propos ; nous condamnons toutefois les faussetés qu’il contient, ainsi que leur prétention qu’il n’existe de vérité, dans le message des messagers, que ce qu’ils en ont retenu. En conséquence, nous dénonçons leur adhésion à maints errements et leur négation de nombreuses vérités.
Il ne fait aucun doute que la révélation vise, entre autres, à réformer la moralité des hommes, à améliorer la vie familiale – dans la relation avec les proches, les épouses, et autres –, et à instaurer dans les cités une gouvernance juste conforme à la Loi révélée. Mais tout cela ne représente qu’une partie des objectifs des messagers. Si ces philosophes se sont limités à cette dimension, c’est parce qu’à leurs yeux Dieu n’exauce aucune invocation, n’instaure aucune récompense pour le serviteur obéissant, et, après la séparation d’avec le corps, les âmes ne reçoivent, selon eux, aucune rétribution distincte d’elles-mêmes.