Puis apparut la secte des « ittihâdiyya », ceux qui prétendent que l’existence du Créateur est l’existence même de la créature. Ils disent : « Il est maintenant tel qu’Il était ; nul autre n’est avec Lui. » À leurs yeux, les êtres existants ne constituent donc pas pour Lui des entités distinctes, il n’y a ni multiplicité dans l’existence, ni dualité. Ils enseignent à leurs cheikhs – des dévots réputés – à déclarer : « L’existence est une, c’est Allah ; je ne vois ni l’Un ni Allah. » Ils affirment encore que le Livre et la Sunna auraient exprimé une dualité de l’existence, alors que, selon eux, l’existence est une et ne comporte aucune dualité ; propos qui représentent les formes les plus graves de mécréance et d’athéisme. Or, pour ce cheikh vénéré, tout cela constituerait la véritable réalisation du tawḥîd ; il en rédige le contenu sur un feuillet qu’il envoie à des personnes renommées pour leur science, lesquelles s’en servent pour pratiquer la ruqyah sur les malades.
Nous avons déjà mentionné que ce ḥadith a été rapporté par al-Bukhârî dans son Ṣaḥîḥ à plusieurs endroits. Il le cite au début de son ouvrage, dans le Livre de la Science, avec la formulation suivante :
« Il y avait Allah et il n’y avait rien avant Lui ; Son Trône était sur l’eau ; Il a inscrit dans le Rappel toute chose, puis Il a créé les cieux et la terre. »
Il rapporte ailleurs la variante : « Il n’y avait rien d’autre que Lui », et, dans un troisième passage : « Il n’y avait rien avec Lui. » Il s’agit pourtant d’un seul et même ḥadith, prononcé en une unique séance ; il apparaît donc que le Prophète – qu’Allah prie sur lui et le salue – n’a prononcé qu’une seule de ces trois expressions, les deux autres ayant été transmises selon le sens. La formulation incontestablement authentique provient d’un autre ḥadith : « Et rien n’était avant Lui. »
Ainsi, lorsque l’on lit : « Il n’y avait rien avec Lui » ou « Il n’y avait rien d’autre que Lui », alors même qu’il a rapporté que Son Trône était sur l’eau, il faut comprendre qu’il n’y avait rien avec Lui concernant la question posée ; ils L’avaient en effet interrogé sur le commencement de l’affaire, et le contexte même du ḥadith indique que