En outre, Sa science relative à l’ordre qu’Il a fait surgir dépend de cet ordre ; car, s’il était admis que l’ouvrage produit fût un ordre différent, la science se rapporterait pareillement à ce dernier : il s’ensuit que la cause qui fait advenir l’ordre n’est pas la science.
Par ailleurs, il est propre à la science de se conformer à son objet, quel qu’il soit ; ainsi, pour la science, il n’existe aucune différence entre un ordre et un autre, à moins qu’un motif n’exige la spécification de cet ordre plutôt que d’un autre.
On dira encore : le fait que cet ordre soit l’ordre le plus adéquat lui appartient-il de par lui-même, ou le tient-il de son Originateur ? La première éventualité est impossible ; la seconde s’impose donc. Or, si cet attribut ne lui vient que de son Originateur, c’est l’Essence même de l’Originateur qui le confère, et non Sa science de l’intérêt contenu dans l’ordre. En effet, Sa science que « cet ordre est l’ordre du bien » ne saurait être appelée connaissance que si l’objet connu est réellement l’ordre du bien ; la science n’est donc pas ce qui a fait de lui l’ordre du bien. Par lui-même, il n’était pas l’ordre du bien, faute de quoi il serait nécessaire d’existence. Il s’ensuit qu’il n’est devenu l’ordre du bien que par son Originateur, non par sa propre essence ni par la seule science. Dès lors, si le fait de devenir l’ordre du bien ne peut procéder de la science, il est, à plus forte raison, impossible qu’il vienne simplement à l’existence par la science.
De plus, si l’on suppose l’Essence savante de l’ordre du bien sans le vouloir, Il est dans l’impossibilité de le produire ; et si l’on suppose qu’Il le veut sans en avoir la puissance, Il est tout autant dans l’impossibilité de le produire. Or la simple connaissance ne confère ni puissance ni volonté au savant ; il s’ensuit qu’il est indispensable de postuler à la fois la puissance et la volonté, et qu’aucune d’elles n’est identique à la science.
En outre, la dépendance de l’acte à l’égard de la puissance de l’agent est plus grande que son besoin de