par le Créateur, tout comme les Qadarites l’ont nié pour l’animal. Quant aux « naturalistes », ils affirment qu’il existe, dans les corps naturels, une force constituant le principe du mouvement ; toutefois, ils placent au-dessus d’elle une réalité distincte qui l’a fait advenir et admettent la simultanéité de l’apparition des causes et de leurs effets. Ces philosophes, eux, conçoivent le mouvement céleste comme continuellement renouvelé, sans qu’aucun événement ne requière ce renouvellement ; leur doctrine est plus perverse encore que celle des Mazdéens, qui postulent deux principes, l’un produisant le bien et l’autre le mal, qu’ils tiennent l’auteur du mal pour éternel ou créé. Car les Mazdéens attribuent le bien contingent à la divinité éternelle agissant pour le bien, tandis que ces philosophes n’ont pas établi qu’Allah ait fait advenir quoi que ce soit, ni bien ni mal : selon eux, rien ne provoque les contingences si ce n’est le mouvement des sphères, lesquelles se meuvent sous l’effet des représentations et des volontés qu’elles produisent elles-mêmes, sans qu’Allah, à les en croire, n’agisse en rien de tout cela.
De plus, les Mazdéens, s’ils font de l’auteur du mal une entité éternelle distincte, écartent ainsi une partie des contingences de la création du Seigneur ; s’ils le considèrent comme contingent, ils se rangent alors à la position des Qadarites, et la parole des Qadarites demeure meilleure que la leur. Or il est établi que tout événement contingent requiert un Agent ; et le fait qu’un animal devienne agent après ne l’avoir pas été suppose nécessairement un déterminant et un créateur. Autrement, si son état lorsqu’il agit était identique à son état lorsqu’il n’agit pas, il s’ensuivrait une préférence sans préfèrent. Il faut donc qu’au moment de l’action surgisse en lui quelque chose par quoi il devienne agent ; et si cette réalité contingente procédait de lui-même, l’argument la concernant serait identique à celui qui vaut pour le premier événement et pour tous les autres contingents : cela impliquerait la survenue d’un contingent sans