Cela impliquerait l’existence d’un être simple, dénué d’attributs comme d’actes ; or il est impossible que des réalités – qu’elles soient simples ou changeantes – procèdent d’un tel être, et il est de même impossible que l’effet coexiste avec l’agent.
Si vous soutenez que l’on atteint l’objectif en combinant les deux démarches, nous dirons : l’objectif n’est pas davantage atteint par leur réunion, car l’« existence nécessaire » que vous postulez n’a aucune réalité extérieure, a fortiori ne saurait-elle être le Premier ; et rien, dans vos preuves même les plus recevables, ne démontre qu’elle le soit. Quant à ce qu’ont établi les autres, cela n’implique nullement que la sphère ne possède pas, par elle-même, l’existence nécessaire. La question a été traitée en détail ailleurs ; il suffit ici de noter que, de leurs propres propos, ressort le contraire de ce qu’ils recherchaient. Et Allah est plus Savant.
Sache, en outre, que la doctrine de ces gens au sujet des actes des cieux est plus pernicieuse que la position des Qadarites sur les actes des animaux et que celle des naturalistes sur les phénomènes naturels, bien que les deux dernières soient déjà corrompues. Les Qadarites affirment en effet qu’Allah est le Créateur de l’animal ainsi que de la capacité par laquelle celui-ci peut accomplir le bien ou le mal ; toutefois, l’animal, selon eux, privilégie l’une des deux possibilités par un choix qu’il produit lui-même, sans qu’aucun agent ne le crée. Il opte pour telle action plutôt que telle autre par amour pour celle-ci ; les choses qu’il aime le mettent donc en mouvement, tout comme ces philosophes ont fait du Premier le moteur de la sphère.
Ces derniers considèrent en effet le mouvement de la sphère comme volontaire, tout comme les représentations qu’elle se forme, qu’elle produit d’elle-même sans qu’aucun agent ne les ait suscitées. Cependant, ils n’ont pas établi que la sphère, ni la puissance qui lui appartient, soient créées.