Sans l’effet, elle ne saurait donc exister qu’en sa compagnie ; or, les mouvements de la sphère étant contingents, il s’ensuit qu’ils doivent posséder des causes contingentes qui apparaissent en même temps qu’eux.
La sphère, ainsi que tout ce qu’elle renferme, est un effet dépendant d’un autre ; tout ce qui s’y produit requiert donc un agent efficient qui lui soit distinct. Or, l’examen de cet agent est le même que pour les autres : il faut nécessairement établir l’existence d’un Agent dont l’existence est nécessaire par essence.
Il est impensable que Son action dépende d’un tiers, car on tomberait alors dans la circularité ou la régression à l’infini. Il faut donc qu’Il soit Celui qui fait advenir l’ensemble de tout cela. Il est également impossible qu’Il ait produit le mouvement diurne de toute éternité, puisque l’existence même d’un tel mouvement de toute éternité est impossible.
Tout mouvement journalier n’advient qu’en concomitance avec sa cause efficiente parfaite ; il n’existe donc pas, dans l’éternité passée, de cause efficiente parfaite pour aucun mouvement. Il est impossible qu’une telle cause ait existé de toute éternité, que ce soit avec eux ou sans eux ; il est par conséquent impossible de la qualifier d’éternelle dans l’un et l’autre cas.
Quant à prétendre qu’Il serait coéternel avec eux, cela n’implique pas qu’Il soit éternel avec la totalité de ces mouvements, ni avec un mouvement journalier particulier – puisqu’il est impossible que celui-ci soit éternel –, ni avec une succession de mouvements se succédant les uns aux autres.
Premièrement, l’effet ne saurait être concomitant à l’agent dans le temps ; cela est inconcevable, tant dans le monde sensible que dans le monde suprasensible, que l’on dise que l’agent agit par volonté ou sans volonté – et à plus forte raison lorsqu’Il agit par volonté !
Ainsi, l’affirmation : « Si l’agent agit par la seule nécessité de son essence, il est permis que son effet l’accompagne » constitue une erreur qui contredit l’avis quasi unanime des gens doués de raison parmi les fils d’Adam, anciens et modernes, qu’ils appartiennent aux religions révélées ou à la philosophie. Seule une poignée de philosophes ont soutenu cette opinion.
Une telle concomitance n’est concevable que dans le cas d’un corrélat nécessaire dépourvu d’action, comme une essence qui requiert des attributs. Quant à l’effet, jamais il ne saurait être concomitant à l’agent, comme on l’a longuement exposé ailleurs.