Or, ce n’est absolument impossible que pour ceux, parmi les théologiens spéculatifs (mutakallimûn), qui soutiennent l’impossibilité d’une succession d’événements sans commencement. Quant aux philosophes, ils ne le tiennent nullement pour impossible, pas plus d’ailleurs que les grands maîtres des religions, tels que les Salaf et les imams, lesquels déclarent que Dieu n’a cessé d’être Parlant lorsqu’Il le veut et affirment que l’acte est inséparable de la vie, car tout être vivant est actif. Plusieurs d’entre eux vont jusqu’à énoncer clairement que tout vivant est en mouvement, comme l’ont explicitement formulé certains imams du Salaf, de la Sunnah et du hadith.
Si donc ces théologiens avaient dit aux philosophes : « À supposer que cela implique une régression à l’infini, celle-ci est admissible pour vous ; votre argumentation est par conséquent caduque selon vos propres principes », ils auraient révélé la nullité de la preuve sur la base même des doctrines philosophiques. Mais les philosophes rétorquent aux théologiens : « La régression qui en découle touche la racine même de l’efficience, c’est-à-dire l’achèvement de l’état par lequel la cause est vraiment cause ; une telle régression est unanimement jugée impossible, tout comme le serait une régression à l’infini dans la cause elle-même. »