Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Or, si l’on postule que la sphère est nécessaire par son essence et qu’elle n’a point d’Artisan, il s’ensuit qu’elle serait un être nécessaire par lui-même tout en ayant besoin d’une cause qui la mette en mouvement ; d’autant que vous soutenez qu’elle ne se maintient qu’au moyen du Premier moteur. Or, ce qui dépend d’un autre est, par définition, indigent et ne saurait être nécessaire par son essence, car l’être nécessaire se doit d’être exempt de tout besoin. Ainsi, en la déclarant à la fois nécessaire par elle-même et dépendante d’autrui, vous réunissez deux contraires. Et s’il lui faut un autre que soi, elle est donc créée et gouvernée ; l’on retombe alors dans la première catégorie d’êtres.

De plus, si elle était l’Être nécessaire, il faudrait admettre que le mouvement volontaire peut s’attribuer à l’Être nécessaire ; si tel est le cas, dites-le plutôt du Premier, et dispensez-vous de tout ce détour.

Il en résulterait également que l’Être nécessaire serait un corps occupant un lieu, dans lequel surviennent les accidents ; il ne resterait alors plus d’obstacle à ce que le Premier fût lui aussi de cette nature.

Vous avez, par ailleurs, posé ce principe : « Du fixe ne procède rien d’instable. » Or le Premier est fixe, tandis que le mouvement de la sphère ne l’est pas, pas plus que sa volonté ni ses conceptions ; il ne devrait donc pas découler nécessairement du Premier, si bien que ce dernier ne saurait être cause en aucune façon.

Ce point se clarifie encore si l’on considère que le mouvement de la sphère, qu’il soit volontaire ou non, requiert nécessairement deux causes, une cause efficiente et une cause finale, comme tout autre mouvement ; or vous ne lui avez assigné ni l’une ni l’autre. Quant à la fin que vous lui attribuez, il est impossible qu’elle soit l’objectif d’un être rationnel qui tourne sans cesse d’éternité en éternité.

On ajoutera enfin que, puisque tout événement contingent réclame une cause contingente, celle-ci doit accompagner son effet : elle ne peut ni le précéder sans lui, ni le suivre après lui.

وإن كان الفلك واجبا بنفسه ليس له مبدع لزم أن يكون واجب الوجود بنفسه مفتقرا إلى علة تحركه لا سيما وقد قالوا إنه لا قوام له إلا بالمحرك الأول وما كان كذلك كان مفتقرا إلى غيره لا واجبا بنفسه فإن الواجب بنفسه لا بد أن يكون غنيا عن غيره فإذا جعلوه واجبا بنفسه مفتقرا إلى غيره فقد جمعوا بين النقيضين وإذا كان مفتقرا إلى غيره لزم أن يكون مربوبا مدبرا فيلزم النوع الأول. وأيضا فإن كان واجب الوجود لزم أن يجوز على واجب الوجود الحركة باختياره وإذا كان كذلك فقولوا هذا في الأول ولا حاجة إلى هذا. وأيضا فيلزم أن يكون الواجب الوجود جسما متحيزا تقوم به الحوادث وحينئذ فلا يمتنع أن يكون الأول كذلك. وأيضا فقد قلتم: إن الثابت لا يلزم عنه أمر غير ثابت والأول ثابت وحركة الفلك غير ثابتة وإرادته وتصوراته غير ثابتة فيجب أن لا تكون لازمة عن الأول فلا يكون الأول علة بحال. ومما يبين هذا أن يقال: حركة الفلك سواء كانت إرادية أو غير إرادية لا بد لها من علتين علة فاعلة وعلة غائية كسائر الحركات وأنتم لم تثبتوا لها لا علة فاعلة ولا علة غائية فإن ما ذكرتموه من الغاية يمتنع أن يكون مقصود العاقل الذي لا يزال يدور من الأزل إلى الأبد. وأيضا فيقال: إذا كان الحادث لا بد له من علة حادثة فأن تكون العلة مع المعلول لا يجوز أن تتقدم عليه بدون المعلول ولا أن تتأخر عنه

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