— celui auquel ils cherchent à s’assimiler. Quant à Ibn Sînā, il ne traita, en réalité, que de la question de l’être, du nécessaire et du possible, ainsi que de ce qui en découle, notions qu’il emprunta aux mutakallimûn musulmans.
Aussi dira-t-on à ces gens :
Cette sphère céleste, qui se meut par ce mouvement de désir ardent, est soit possible par son essence et, partant, tributaire d’un Créateur qui la fait advenir, soit nécessaire par son essence. S’il s’agit du premier cas, il s’ensuit que son Créateur en est également le moteur ; car Celui qui a fait exister son essence est, à plus forte raison, capable d’en faire exister les mouvements. Vous n’avez donc nul besoin de forger quelque théorie artificielle pour expliquer l’origine de ses mouvements.
En outre, si ces mouvements sont volontaires, il est tout à fait concevable que des anges en soient les moteurs, les mettant en branle par les volitions qui résident en eux ; il est également envisageable que ces volitions constituent des actes d’adoration voués à Allah, et non une quête de ressemblance avec Lui ni la poursuite de ce qui est hors d’atteinte.
En vérité, vos propos au sujet de la finalité de la sphère dans son mouvement relèvent du babil des enfants : selon vous, la sphère se proposerait pour seul but de se mouvoir perpétuellement, engageant un mouvement qui n’aurait d’autre visée que de produire des instants et des configurations qu’elle sait pourtant ne pouvoir produire ; tel celui qui passerait son temps à tourner autour d’un endroit, estimant que la perfection consisterait à se mouvoir d’éternité en éternité, et, n’y parvenant pas, tournerait autant qu’il le peut dans ce lieu exigu. Une telle conduite s’apparente plus aux actes des insensés qu’à ceux des gens doués de raison.