Il dit :
« Et s’il ne survenait pas d’états nouveaux à une cause demeurant permanente, certains devenant pour d’autres une cause dans une succession ininterrompue, l’existence même du mouvement serait impossible ; car il n’est pas admissible qu’un effet non permanent procède d’une cause permanente. »
Il reprit :
« Tu sais désormais que l’intellect dépouillé ne peut constituer le principe, fût-ce d’une partie du mouvement ; il a besoin d’une autre faculté où la volonté puisse se renouveler et qui transforme les entités particulières : c’est ce qu’on appelle l’âme. Or, si l’intellect dépouillé est principe du mouvement, il faut qu’il le soit en qualité d’ordonnateur, de représentatif, de désirant ou de tout ce qui y ressemble ; mais pour ce qui est d’être l’agent immédiat de la mise en mouvement, nullement. Il convient plutôt que soit directement opérant, par la volonté, ce qui a pour aptitude de se modifier d’une façon ou d’une autre, de sorte qu’il surgisse de lui volonté après volonté, sans interruption. Le Premier Maître a d’ailleurs, dans son exposé sur l’âme, rappelé un principe profitable à cet égard lorsqu’il a dit : « À celui-là, c’est-à-dire à l’intellect spéculatif, reviennent les jugements intellectifs, tandis qu’à celle-ci appartiennent les actions particulières. »