Il dit :
« Nous répondons à cela que, s’il n’existait pas quelque chose dont la particularité est que son surgissement ne s’accompagne d’aucune permanence, ou bien dont la permanence même s’effectue sous la forme d’une survenue et d’un renouvellement ininterrompus, il s’ensuivrait nécessairement que les causes qui font advenir et celles qui assurent le maintien aboutissent à d’autres causes, situées dans un temps ultérieur, lesquelles contrediraient les premières ou leur ajouteraient une influence nouvelle, et ce sans simultanéité d’instants, mais avec la subsistance de chaque cause et de chaque effet jusqu’à ce que l’un se combine à l’autre ; dans ce cas, l’objection serait contraignante. »
Il ajouta :
« Or, cette chose n’est autre que le mouvement – plus précisément le mouvement local, et, parmi celui-ci, le mouvement circulaire. »
Je dis :
Il apparaît dès lors clairement ce qui est visé : cette objection est bel et bien incontournable, et l’explication qu’il propose est d’une corruption extrême. L’objecteur en effet a soutenu que le maintien du contingent requiert nécessairement une cause permanente, comme il a été exposé plus haut. Or, si cette cause éternelle était permanente, il s’ensuivrait que l’effet qu’elle produit serait éternel avec elle et non pas contingent. Et si le fait qu’elle soit cause est lui-même survenu, cela est également contingent ; il faudra donc que la causalité de cet événement survenu soit, à son tour, un second événement contingent, puis que la causalité du maintien de cette cause contingente exige une troisième cause contingente, et ainsi de suite à l’infini.