« … leur existence dépend de la cause. Et comment cela ne serait-il pas ainsi, puisque nous avons dit que la cause n’exerce aucune influence sur l’inexistence antérieure – car la raison de cette inexistence est précisément l’absence de la cause – ni sur le fait que cette existence survienne après le néant ; il est en effet impossible qu’il en soit autrement, car les êtres survenus dans le temps ne sauraient, par nature, exister qu’après avoir été inexistants. Ce qui relève de la cause, c’est donc l’existence même, possible par essence, et non le fait qu’elle vienne après le non-être ou toute autre considération. De là, il s’ensuit que ce qui est ainsi rattaché doit demeurer, et que les causes qui confèrent l’existence à ce qui est possible par essence, en tant qu’existence qualifiée, restent conjointes à l’effet. »
Je dis :
Ceci renvoie à ce qu’il a déjà exposé : la raison du besoin envers l’agent réside, selon lui, dans la contingence (al-imkân), non dans la survenue temporelle (al-hudûth). Nous n’avons pas ici pour dessein d’en dévoiler la teneur, car nous avons montré ailleurs que le besoin envers l’Auteur n’est pas, en soi, motivé par une cause additionnelle ; l’être même qui requiert l’Agent en dépend par son essence, et non à cause d’un attribut de cette essence. Tout ce qui est autre qu’Allah est, par son essence, indigent envers Lui ; il est inconcevable qu’il en soit autrement. Son indigence envers Allah ne tient pas à une cause qui la lui aurait imposée, mais procède de sa propre essence.