Premièrement : l’erreur dans laquelle il est tombé, lui et ses prédécesseurs, est d’avoir cru qu’il existe hors de l’esprit une réalité susceptible de recevoir l’un et l’autre de ces deux états et qu’elle se trouve tantôt qualifiée par l’existence, tantôt par l’inexistence, à l’instar de ceux qui ont déclaré : « le non-existant est une chose ». Cette question a été traitée en détail ailleurs, où il a été montré que l’opinion correcte est la suivante : la réalité conçue par l’intellect est précisément celle à propos de laquelle le jugement est porté, à savoir qu’elle peut exister dans les faits ou ne pas exister. De même, lorsque nous disons qu’une chose est impossible – telle que la réunion des deux contraires – nous entendons par là que la réalité ainsi conçue dans l’esprit est impossible à établir dans le monde extérieur.
Deuxièmement : la divergence qui l’oppose, lui et ses adeptes, à leurs prédécesseurs réside dans l’idée qu’ils se sont faite que le Prééternel, nécessaire par essence, pourrait être, par rapport à un autre, qualifié de possible et donc susceptible de non-existence. Ils ont ainsi réuni deux affirmations contradictoires : son impossibilité de non-existence et sa prétendue aptitude à la non-existence. Or, Il n’admet le non-être qu’à la condition – impossible – que Son essence soit envisagée dépourvue du principe déterminant ; Il ne serait donc susceptible de non-existence qu’en vertu d’une supposition absurde, et ce qui ne le serait qu’à ce prix a, par là même, une aptitude au non-être impossible. Ils ont donc combiné deux contraires, et des objections auxquelles ils ne sauraient répondre leur ont été adressées, comme cela a été longuement exposé ailleurs, notamment dans la discussion sur le Muḥaṣṣal et autres écrits.
Ce qui nous importe ici est d’achever l’exposé de ses propos concernant la nécessité, pour les êtres contingents, d’une cause permanente, afin qu’il apparaisse, par la démonstration même qu’ils tiennent pour valide, que tout ce qui n’est pas Allah est survenu dans le temps.
Il dit : « Il ressort de cela que les effets sont dans le besoin, dans l’exposé… »