Ibn Rushd et ses semblables parmi les philosophes empruntent, dans cette question, la méthode des Anciens. Ibn Sînâ, pour sa part, s’en détourna et se tourna vers ce qu’il avait tiré des voies des théologiens dialecticiens ; il adopta ainsi la division de l’existence en "nécessaire" (wâjib) et "possible" (mumkin), de la même manière que ces derniers la partagent en "éternel" (qadîm) et "créé" (muḥdath). Il traita alors des caractéristiques du Nécessaire d’existence dans un discours dont une partie est juste et une autre erronée ; car la nécessité établie par la preuve ne signifie rien d’autre que le fait qu’Il existe par Lui-même et qu’Il se passe d’un causeur. Or, lui a chargé ce terme d’éléments qu’aucune preuve n’étaye, tels que la négation des attributs et d’autres choses encore.
Il a puisé cela dans la parole des Muʿtazilites au sujet de l’Éternel ; lorsque ceux-ci affirmèrent un être éternel et voulurent faire de l’éternité une conséquence de leur négation des attributs, ils placèrent l’existence qu’il revendiquait sur le même plan que l’éternité qu’ils revendiquaient, alors qu’aucun des deux concepts ne fournit la preuve escomptée par ces deux groupes.
Il emprunta ensuite une seconde voie pour établir l’existence nécessaire, qu’il mentionne dans son ouvrage intitulé « an-Najâh », voie fondée sur la notion de surgissement (ḥudûth) ; il dit : « Chapitre final concernant… »