ainsi que la possession, l’action et la passion. Certains ramènent ces catégories à cinq, d’autres à trois. À leur propos on a récité ces vers :
Zayd, grand et noir, fils de Mâlik, installé,
Hier, dans sa maison, il demeurait, calé ;
Son glaive nu brilla lorsqu’il se déploya,
Voici dix catégories que l’on énuméra.
Ils se mirent ensuite à traiter des espèces relevant de ces genres, jusqu’à remonter aux principes de leurs sciences particulières : la quantité, objet de la géométrie ; le nombre, objet de l’arithmétique ; le corps, objet de la science de la nature, et ainsi de suite. Ils parlèrent aussi, mais brièvement, de la cause et de l’effet.
Quant aux termes « Être nécessaire » et « Être possible », ils proviennent d’Ibn Sînâ et de ses semblables : ils les ont empruntés aux propos des mutakallimûn muʿtazilites et consorts ; chez leurs prédécesseurs, on ne trouvait que les expressions « cause » et « effet ».
J’ai, ailleurs, examiné les paroles de leur premier maître, Aristote ; j’y ai montré le peu d’utilité que recèle ce qu’il a de vrai, ainsi que la multitude de ses lacunes et de ses erreurs, si bien qu’on a pu dire de lui :
« La chair maigre d’un chameau, au sommet d’une montagne escarpée :
Ni la pente n’est aisée, ni la viande assez grasse pour être rôtie. »
Ces auteurs s’appuyaient, pour établir l’existence de la Cause première, sur le fait que la sphère céleste est mue par volonté ; or ce qui est mû par volonté doit nécessairement avoir un objet voulu qui le meut, comme l’être aimé émeut l’amant. Et, quand bien même cela serait établi, cela ne prouverait qu’une cause finale pour la sphère, sans montrer qu’elle soit un effet.