Le « capable » est celui qui domine l’autre et s’élève au-dessus de lui, ainsi que le Très-Haut a dit :
« et les uns se seraient élevés au-dessus des autres »
(sourate al-Mu’minûn, verset 91).
Ces questions ont été développées ailleurs, lorsque nous avons exposé les différentes voies empruntées par les hommes pour établir l’unicité divine et en expliquer la portée.
L’intention, ici, est de montrer qu’il est impossible que deux êtres nécessaires aient chacun une puissance subordonnée à celle de l’autre ; il faut donc que le Seigneur soit puissant par Lui-même, Sa puissance relevant des attributs inséparables de Son essence, et ce qui est inséparable ne se dissocie jamais de ce qu’il accompagne. Par conséquent, puisqu’Il n’a jamais cessé d’être puissant, Il n’a jamais cessé de pouvoir réaliser ce qui relève de Sa puissance. Si l’accomplissement de ce qui doit être réalisé n’avait pas été possible, Il n’aurait pas été puissant de toute éternité ; Il serait devenu puissant après ne l’avoir pas été.
Il ne s’agit pas ici d’un cercle vicieux simultané admissible, tel que l’énoncé : « Celui-ci n’est puissant qu’à la condition que celui-là le soit », thèse envisageable chez les créatures issues d’une cause unique, les deux dépendant alors d’un seul et même principe. Ainsi, lorsque deux agents tirent leur puissance de l’investiture d’un troisième, il devient possible que la puissance de l’un soit conditionnée par celle de l’autre, à l’instar des réalités corrélatives dont l’existence et la force de l’une ne se conçoivent qu’avec l’existence et la force de l’autre.
Quant aux deux êtres nécessaires, pré-éternels et créateurs, qui n’auraient reçu leur puissance d’aucun tiers, affirmer que la puissance de l’un dépend de celle de l’autre impliquerait un cercle vicieux antérieur : si la puissance de l’un ne procède ni de lui-même ni d’un tiers, elle proviendrait inévitablement de l’autre ; c’est là le cercle antérieur. Et si l’on soutient qu’elle provient à la fois de lui-même et de l’autre, on répond que ce qui réside en lui est conditionné par sa propre puissance ; il lui faut donc une puissance dont il dispose de manière autonome, sans dépendre d’autrui ni avoir autrui pour condition. Cette puissance doit dès lors compter parmi les attributs inséparables de son essence – ce qui était à démontrer. Si tel est le cas, il est impossible qu’ils deviennent puissants après ne l’avoir pas été, tout comme il est impossible que l’action devienne possible après avoir été impossible.