qu’un tel désire vivifier un corps tandis qu’un autre veut le faire périr, ou que l’un veuille le mettre en mouvement tandis que l’autre souhaite le maintenir immobile, et ainsi de suite.
Or, si l’on prétend qu’ils doivent nécessairement s’accorder dans l’action, en ce sens que, lorsqu’un d’entre eux accomplit quelque chose, l’autre ne s’y oppose pas, il en résulte qu’aucun d’eux n’est puissant qu’à la condition que l’autre le lui permette et s’abstienne de toute opposition ; cela implique donc que nul d’entre eux n’est, par lui-même, puissant, ce qui est impossible, comme nous l’avons établi.
Et si l’on interprète cet accord dans l’action comme une participation conjointe, la coparticipation à un unique effet – chacun en étant, à titre indépendant, l’auteur – est impossible, ainsi qu’il a été démontré.
Quant à supposer que chacun possède une action et un effet distincts de l’action et de l’effet de l’autre, cela obligerait chaque divinité à s’en aller avec ce qu’elle a créé. Or l’univers est si étroitement entrelacé, et ses parties dépendent les unes des autres d’une telle interdépendance, qu’il est inconcevable que les unes soient l’effet d’un seul agent et les autres l’effet d’un autre. Si donc l’on admet deux agents, il faut que chaque dieu s’en aille avec ce qu’il a créé et que les uns s’élèvent au-dessus des autres : que chacun emporte ce qu’il a produit, parce que l’effet de l’un diffère de l’effet de l’autre ; et que les uns dominent les autres, parce que le fait même qu’ils soient tous deux puissants implique que chacun, dans sa puissance, se passe de l’autre et peut agir sans lui.
Il est par conséquent impossible qu’ils produisent quoi que ce soit, qu’ils soient en accord – car il est impossible qu’une même action émane de deux agents – ou qu’ils soient en désaccord – car cela impliquerait une opposition mutuelle, chacun empêchant l’autre. Il faut nécessairement que l’un d’eux seul soit véritablement puissant, à l’exclusion de l’autre, de sorte que