Puis, cela est impossible selon l’évidence même de la raison : en effet, si la possibilité de l’acte Lui appartenait par Son essence tout en étant advenue après n’avoir pas existé, cette hypothèse serait irrecevable pour deux motifs.
Premièrement, elle impliquerait que la possibilité succède à l’impossibilité sans cause qui ait exigé qu’Il devienne capable ; or, pareille supposition revient à priver le Seigneur – exalté soit-Il – de Son attribut de perfection de toute éternité, puis à prétendre que cet attribut est apparu après avoir été absent, sans cause qui l’ait produit. L’une et l’autre propositions sont impossibles, car Sa perfection est inséparable de Son essence et Sa toute-puissance en découle nécessairement.
Deuxièmement, si cette puissance n’était pas consubstantielle à Son essence, elle ne serait qu’un accident lui survenant, et Il aurait alors besoin d’un autre pour que s’établisse Sa capacité. Or, si cet « autre » était Son propre effet, il en résulterait un cercle causal antérieur (dawr qablî), car l’agent ne peut agir sur son effet qu’à condition d’être déjà capable. Si donc il tirait sa capacité de cet effet, et que celui-ci ne pût conférer la capacité qu’après l’avoir reçue, il s’ensuivrait que l’agent ne serait pas capable avant que l’effet ne le rende capable, de sorte qu’aucun des deux ne le serait.
De plus, l’idée selon laquelle l’effet rendrait l’agent capable ou agissant est manifestement invalide : tout ce que possède l’effet provient de l’agent, non de lui-même. Si l’agent ne devenait capable qu’au moyen de la capacité conférée par son effet, il ne serait jamais capable, il n’y aurait même pas d’effet à l’origine, a fortiori l’effet ne serait-il pas capable, et encore moins apte à conférer la capacité à son agent.
De même, si l’on supposait deux êtres éternels ou nécessaires dont chacun ne deviendrait nécessaire et capable que par la capacité que lui accorderait l’autre, cela serait impossible selon la raison claire et impliquerait le même cercle causal antérieur : celui-ci ne serait pas capable tant que celui-là ne l’aurait pas rendu capable, et inversement ; aucun des deux ne serait donc capable.