Car, si l’on applique son principe jusqu’au bout, il en résulte qu’aucun attribut, aucun acte et aucune parole ne subsisteraient dans l’Essence d’Allah ; une telle conclusion revient à nier le Créateur lui-même. C’est pourquoi la réprobation des Pieux Prédécesseurs à son encontre, ainsi qu’à l’encontre de ses partisans parmi les Muʿtazilites, les Najjârites, les Darrârites et d’autres encore, fut des plus sévères.
Harb al-Karmânî a rapporté – et Abû Bakr al-Khallâl l’a relayé dans son Kitâb as-Sunnah – : « Muhammad b. Idrîs, c’est-à-dire Abû Hâtim ar-Râzî, nous a rapporté ; ʿAlî b. Maysarah nous a rapporté ; ʿAlî b. al-Husayn b. Shuqayq m’a dit avoir entendu Khârijah b. Musʿab déclarer :
“Les Jahmiyya ont mécru à propos de versets du Livre d’Allah. Le Très-Haut a dit :
« Son fruit est permanent, ainsi que son ombre »
(Sourate ar-Raʿd, v. 35),
et ils ont prétendu : “Cela prendra fin.”
Et Il a dit :
« Ce jour-là, des visages seront rayonnants, regardant leur Seigneur »
(Sourate al-Qiyâma, v. 22-23),
et ils ont dit : “Ils ne Le verront pas.” »
Al-Khallâl rapporte encore : « Abû Dâwûd as-Sijistânî nous a transmis ; Ahmad nous a transmis ; mon père m’a rapporté qu’Ibrâhîm b. Tahmân a dit : “Jamais je ne le mentionne, ni n’entends qu’on le mentionne en ma présence, sans invoquer Allah contre lui. Quel mal immense son discours – ce discours monstrueux de Jahm – a légué aux gens de la Qibla !” »
Abû Dâwûd rapporte encore : « ʿAbd Allâh b. Mukhallad nous a transmis ; ʿAlî b. Ibrâhîm nous a transmis ; Yahyâ b. Shibl a dit : “J’étais assis auprès de Muqâtil b. Sulaymân et ʿAbbâd b. Kathîr lorsqu’un jeune homme se présenta et demanda : ‘Que dites-vous au sujet de la parole d’Allah – Exalté soit-Il – :
« Toute chose est vouée à périr, sauf Son Visage »
(Sourate al-Qasas, v. 88) ?’
Muqâtil répondit : ‘Cet homme est un Jahmi.’ Puis il ajouta : ‘Malheur à toi ! Par Allah, certes…’”