Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Ce genre d’argument constitue, à lui seul, une preuve indépendante de l’apparition de toute chose dans l’univers : il démontre en effet que chaque être est contingent, produit par un autre, et nullement nécessaire par lui-même. La première preuve procède de son caractère contingent qui implique nécessairement son association aux événements survenus. Dès lors qu’il est établi qu’il dépend de son Créateur, nécessaire par essence, on sait qu’il est advenu ; car l’acte de l’Agent n’est en réalité qu’un événement, soit dans son individu, soit dans son espèce. En outre, ce qui est indissociablement lié aux événements ne saurait être produit par l’Agent sans ces derniers ; or l’Agent des événements n’agit pas par une nécessité intrinsèque qui impliquerait son effet. Ce dont l’effet particulier ne lui est pas intrinsèquement attaché, cet effet ne peut être éternel ; ainsi rien, dans l’ensemble de l’univers, n’est éternel.

Quiconque médite les propos des dahris qui soutiennent l’éternité des sphères — parmi les philosophes théistes tels qu’Aristote, ses disciples et autres — ne trouvera chez eux aucune preuve, absolument aucune, de l’éternité d’une quelconque partie de l’univers, sphères incluses ; ils ne font qu’avancer des arguments tendant à établir la perpétuité de l’action de l’Agent, et assimilés.

Quant à ceux qui ont débattu avec ces philosophes parmi les gens de la dialectique et du kalâm — discipline que les Anciens ont blâmée et décriée — ils ont bâti leur position sur l’idée que le Seigneur était, de toute éternité, privé de parole et d’action, incapable de parler et d’agir, puis qu’il Lui serait devenu possible de parler et d’agir après que cela Lui avait été impossible, sans qu’aucune réalité nouvelle ne survienne.

Tel est le fondement des Jahmites, des Muʿtazilites et des Karramites ; c’est aussi la base des Kalabites et des Ashʿarites. Ceux-ci, toutefois, ont adopté — s’agissant de la Parole d’Allah, Exalté soit-Il, et de Ses attributs — une voie qui leur est propre, distincte de celle des Salaf, des imâms, des gens du ḥadith, et même des Muʿtazilites, comme leurs propos le montrent clairement.

C’est pourquoi l’on a compté, parmi les points que les gens ont réprouvés chez les Kalabites, leur affirmation selon laquelle le Seigneur n’était pas

وهذا النوع من الكلام دليل مستقل على حدوث كل شيء من العالم من جهة كونه ممكنا مفعولا لغيره لا واجبا بنفسه والأول من جهة كونه ممكنا مستلزما لاقترانه بالحوادث فإذا عرف أنه محتاج إلى مبدعه الواجب بنفسه علم أنه محدث من جهة أن فعل الفاعل لا يكون إلا حادث العين أو النوع ومن جهة أن ما كان مستلزما للحوادث لم يمكن أن يفعله الفاعل دونها وفاعل الحوادث لا يكون موجبا بذاته يلزمه مفعوله وما لم يلزمه مفعوله المعين لا يكون مفعوله قديما فلا يكون شيء من العالم قديما. ومن تدبر كلام الدهرية القائلين بقدم الأفلاك من المتفلسفة الإلهيين كأرسطو وشيعته وغيرهم لم يجد لهم دليلا أصلا على قدم شيء من العالم لا الأفلاك ولا غيرها ولكن يذكرون ما يدل على دوام فاعليه الفاعل ونحو ذلك. والذين ناظروا هؤلاء من أهل الجدل والكلام الذي ذمه السلف وعابوه بنوا الأمر على أن الرب لم يزل معطلا عن الكلام والفعل لا يمكنه أن يتكلم ولا أن يفعل ثم صار يمكنه الكلام والفعل بعد أن لم يمكنه من غير تجدد شيء. وهذا أصل الجهمية والمعتزلة والكرامية وهو أصل الكلابية والأشعرية لكن سلكوا في كلام الله تعالى وصفاته مسلكا انفردوا به دون السلف والأئمة وأهل الحديث ودون المعتزلة كما هو معروف من قولهم. ولهذا كان فيما أنكره الناس على الكلابية قولهم إن الرب لم يكن

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