Ils disent :
« Cet univers est muḥdath, c’est-à-dire un effet ; et le sens qu’ils donnent à son ḥudūth est qu’il tire la nécessité de son existence de l’Être nécessaire par essence et qu’il dépend de Lui. »
Or il est connu d’une façon intuitive et irrécusable que cela ne s’appelle ni ḥudūth ni création.
Musulmans et autres sont unanimes sur le fait que toute créature est muḥdath, advenue après n’avoir pas existé, et que toute chose créée est un ḥādith. La controverse ne porte que sur la question de savoir si tout muḥdath doit obligatoirement être créé, et si tout ḥādith doit obligatoirement être muḥdath ; cette divergence, bien connue parmi les savants musulmans, a été développée en son lieu.
C’est pourquoi, pour les premiers dialecticiens, quiconque soutenait que le monde est éternel niait par là même l’Artisan ; ils ne concevaient pas qu’une chose pût être dite éternelle tout en étant un effet.
Mais leurs successeurs, lorsqu’ils rencontrèrent des philosophes affirmant que le monde est un effet sans être pour autant nécessaire, mentionnèrent cette opinion et discutèrent avec ses partisans.
Quant à Aristote et à ses disciples, leurs propos se limitent à établir la Première Cause en tant que fin ultime ; ils prétendent que la sphère céleste se meut par désir de lui ressembler et, de ce point de vue, jugent nécessaire son existence, sans l’établir au motif que le firmament serait l’effet d’une cause efficiente.
Ibn Sīnā, et ceux qui ont suivi sa voie, empruntèrent une méthode qui tient pour partie aux principes de ses devanciers parmi les philosophes, et pour partie aux fondements des Muʿtazilites et assimilés.
Les Messagers – paix et bénédictions de Dieu sur eux – n’ont jamais affirmé que le Seigneur, de toute éternité, serait demeuré privé de parole et d’action, qu’Il n’aurait pu parler ni agir de toute éternité selon Sa Volonté et Sa Puissance ;
mais ce sont plutôt les théologiens