Cette signification a été relevée par un groupe de théoriciens, parmi les philosophes et d’autres encore; ils s’en sont servis pour mettre en évidence l’erreur de ceux qui, en ce point précis, ont confondu les quiddités mentales avec les réalités extérieures. Autrement, comment l’homme existant dans le monde extra-mental pourrait-il être composé de « l’animal » et du « rationnel », ou de l’animalité et de la rationalité ? S’il était composé de deux accidents, or une substance ne se compose pas de deux accidents; et s’il était composé de deux substances, l’homme concret ne contiendrait pas plusieurs substances distinctes : l’une corporelle, l’autre sensitive, une troisième végétative, une quatrième mue par volonté, et une cinquième rationnelle. En vérité, le sujet auquel on attribue telle propriété est le même auquel on attribue telle autre : c’est un seul et même être, à la fois corps, sensible, vivant, mû par volonté. Toutefois, certaines de ces qualités sont, par leur genre, plus englobantes que d’autres : la plus générale est partagée avec lui par tout corps; la faculté de croître est partagée par le végétal; la sensibilité est partagée par l’animal dépourvu de raison; et la rationalité n’est partagée que par l’être humain. Quant au sujet singulier, les attributs qui subsistent en lui lui sont propres et nul autre ne les partage; et lorsqu’on dit que d’autres les lui communiquent, ce partage ne concerne que l’universel, lequel n’est universel que dans l’esprit : dès qu’il existe dans la réalité, il n’existe qu’à l’état de particulier.
Ainsi, l’homme est une essence dotée d’attributs, et il est évident que l’attribut d’un sujet ne le précède ni dans l’intellection ni dans l’existence, et que le sujet n’est pas composé de ses attributs. Or, ils affirment que les parties du composé lui sont antérieures et le précèdent ; une telle conception est impossible lorsqu’il s’agit de l’attribut inhérent au sujet. Toutefois, si l’on entend par « composé » ce que l’esprit conçoit lorsque l’on énonce : « corps, sensible, vivant, mû par volonté, rationnel », il ne fait aucun doute que cela