Le néant pur et continu n’a pas besoin de cause ; en vérité, la raison claire sait que ce qui n’a jamais existé n’a nullement besoin d’une cause pour ne pas exister.
C’est pourquoi les rationalistes musulmans ont déclaré que le néant absolu ne requiert aucune cause. Or, lorsque l’on prétend : « La cause de la non-existence est l’absence de la cause efficiente », l’absence même de cette cause devrait alors, elle aussi, avoir une cause, si vraiment la non-existence exigeait une cause.
Certes, si l’on dit : « L’absence de la cause implique l’absence de l’effet », cela est exact ; mais tout ce qui implique n’est pas pour autant agent efficient. Ainsi, toute chose qui n’existe qu’en vertu d’une cause voit son inexistence découler de l’absence de cette cause ; c’est précisément cette absence qui la tient réellement dans le non-être. Quant à sa non-existence en soi, elle n’a absolument aucune cause.
Deuxièmement : leur affirmation qu’un être ancien, éternel, serait contingent et susceptible aussi bien d’existence que d’inexistence – comme ils le soutiennent, par exemple, à propos de la sphère céleste – est également rejetée par la grande majorité des esprits rationnels parmi les philosophes, les tenants des religions et d’autres encore ; seul ce petit groupuscule l’a avancée.
Le premier des philosophes à soutenir la prééternité du ciel, dans sa forme comme dans sa matière, fut Aristote ; parmi ceux qui le suivirent à cet égard figurent Thémistius et Alexandre.