Et s’il est dit : « L’acte déterminé, inhérent à l’Essence, est bel et bien objet de puissance et de volonté, tandis que la puissance et la volonté mêmes, dont il dépend, ne sont ni objet de puissance ni objet de volonté »,
nous répondrons : si l’on s’en tient à l’intelligible évident, il n’existe aucune différence entre concevoir un acte déterminé nécessaire à une Essence agissante et concevoir d’autres choses nécessaires à l’Essence de cet acte. En effet, l’Essence requiert nécessairement ses concomitants propres ; elle ne peut exister sans qu’existe quelque chose de ses concomitants. Ainsi, distinguer entre deux concomitants en affirmant : « Celui-ci est lié à l’Essence par Sa puissance et Sa volonté, tandis que celui-là Lui est lié sans Sa puissance ni Sa volonté », revient à différencier deux éléments identiques et à sortir du champ de ce que la raison conçoit dans ce domaine.
Quiconque se détourne des textes des Prophètes pour revendiquer des spéculations rationnelles qui les contredisent, sans disposer d’un intellect clair ni d’une analogie valable, sa parole est étrangère tant à la raison qu’à la Révélation, comme l’ont déclaré les gens du Feu :
« Ils dirent : “Si seulement nous avions écouté ou raisonné, nous ne serions pas parmi les hôtes de la Fournaise ardente.” » (Sourate al-Mulk, 10).
Celui qui maîtrise ce point voit se lever le voile de cette question ; car le simple fait qu’un agent soit agent implique que l’acte advienne, soit dans son espèce, soit dans son individu. Quant à un acte dont ni l’espèce ni l’individu ne survient, mais qui serait inhérent à l’Essence de l’agent depuis toujours, ce n’est, à proprement parler, pas un acte.
De même, le simple savoir des créatures qu’une chose est créée les contraint à savoir qu’elle est précédée de non-existence ; il est en effet inconcevable qu’une créature accompagne son Créateur, inséparable de Lui de toute éternité.
C’est pourquoi la Parole d’Allah, avec laquelle Il a envoyé Ses Messagers, correspond à la nature primordiale qu’Allah a façonnée chez les créatures et inculquée aux serviteurs : lorsque l’on dit : « Ceci est l’acte d’untel » ou « c’est son ouvrage »