En effet, le mouvement de la main n’est pas l’agent du mouvement de la clef ; il ne fait que l’accompagner. Il a d’ailleurs été établi ailleurs que l’agent doit précéder son effet dans le temps, abstraction faite du fait qu’il agisse par volonté.
Le fait même qu’Il agisse par volonté constitue une preuve supplémentaire : lorsque l’acte procède de Sa puissance et de Sa volonté, tout ce qui a pour cause Sa puissance et Sa volonté n’est pas, en sa propre réalité, inhérent à Son Essence. Dès lors, aucune des entités de l’acte n’est nécessaire à Son Essence ; aucune des choses produites ne Lui est donc inhérente, si bien qu’aucune n’est éternelle : c’est précisément ce qu’il convenait de démontrer.
Cela est d’une solidité et d’une justesse parfaites.
Et si l’on objecte : « Il se peut qu’une entité déterminée, nécessaire à l’Essence, soit néanmoins objet de puissance et de volonté », nous répondrons : alors cette puissance et cette volonté pourraient à leur tour être objet de puissance et de volonté. Si elles l’étaient par la même puissance et la même volonté, cela impliquerait un cercle vicieux quant à la causalité, à l’acte et à l’efficience ; si c’était par une autre puissance et une autre volonté, il en résulterait une régression à l’infini dans la causalité et son genre.
Or l’un et l’autre sont impossibles, selon la raison claire et l’accord des gens doués de raison : il faudrait alors que l’Essence possède une puissance éternelle et une volonté éternelle, lesquelles, à leur tour, ne se réaliseraient qu’au moyen d’une autre puissance éternelle et d’une autre volonté éternelle, et celles-ci encore ne se réaliseraient qu’au moyen d’une puissance et d’une volonté éternelles supplémentaires. Or, l’agent ne fait advenir aucune de ces puissances et volontés qu’après en avoir fait advenir certaines autres ; il s’ensuivrait donc qu’il ne ferait jamais rien. Voilà le cercle vicieux touchant la racine même de l’action et de la causalité.