Cela montre que l’acte est l’initiation (ibdāʿ) et la création – qu’on qualifie d’« exigence », de « nécessitation », d’« influence causale » et d’autres termes analogues.
Ainsi, lorsque l’on dit : « L’initiation du support – unique, déterminée et éternelle – est une, tandis que l’initiation de ses concomitants est une catégorie qui se renouvelle progressivement », on affirme alors que l’un des deux ibdāʿ est inséparable de l’autre, de même que l’un des deux produits est inséparable de l’autre. Le second constitue une condition dans la mesure même où le premier est une initiation de l’effet, et non dans sa simple existence ; en effet, l’initiation ne devient réellement initiation qu’avec son inséparable, lequel advient peu à peu ; par conséquent, l’initiation ne saurait se produire que pas à pas.
Or cette corrélation n’est pas comparable à l’immanence de l’espèce de l’acte à l’Essence ; car l’Essence implique Ses attributs nécessaires, lesquels ne sont pas des produits d’Elle, tandis que Son acte procède d’Elle. Aucun des deux ibdāʿ n’est donc issu de l’autre ; et si l’on admet que l’ibdāʿ du déterminé est, depuis toujours, sans commencement, alors l’espèce d’ibdāʿ relative aux réalités successives sera elle aussi ancienne, sans commencement, chacune constituant un acte, une création, une initiation.
La réalité même de l’acte déterminé exclut cependant qu’il soit éternel ; à plus forte raison lorsqu’il est concomitant de ce qui advient graduellement. Ces deux actes sont corrélatifs : l’un ne se réalise que peu à peu, l’autre donc ne se réalise que peu à peu, parce qu’il s’agit d’un acte voulu, et parce qu’il est impossible que l’un des corrélatifs existe sans l’autre. Si l’un d’eux ne saurait être éternel en son essence, l’autre non plus ne saurait l’être ; car l’existence de ce qui est éternel et nécessaire par sa cause – de même qu’un attribut pré-éternel est nécessaire par l’Essence qui le requiert – ne dépend pas de l’apparition d’aucun des événements temporels.
Et quand bien même l’on supposerait la permanence de son espèce, l’attribut éternel n’en dépend pas.