Ce propos ruine leur argument en faveur de l’éternité du monde et montre qu’Il agit, par Sa volonté et Sa puissance, au moyen d’actes successifs accomplis les uns après les autres. Tel est le premier des deux éclaircissements apportés à l’objection d’al-Armuwî.
La seconde réponse est la suivante : lorsqu’il dit à al-Râzî : « Par “cause”, tu entends soit la cause complète, soit l’agent », on lui rétorque : « Je n’ai nul besoin de cette distinction, car mon argument demeure valide sans y avoir recours. »
En effet, certains soutiennent que les événements contingents n’apparaissent qu’au moyen d’une cause complète qui nécessite leur survenue ; telle est l’opinion de la plupart des théologiens spéculatifs, des philosophes et d’autres encore. La majorité de ceux-ci ajoute toutefois que le facteur déterminant est l’Agent, puissant et libre de Son choix, dont la puissance et la volonté exigent l’existence du contingent ; car, « ce qu’Allâh veut advient, et ce qu’Il ne veut pas n’advient pas ». Tel est le madhhab des gens de la Sunna, affirmant le décret divin et la création du monde.
Parmi eux, certains disent plutôt que Sa propre essence, à elle seule, suffit à imposer l’existence des possibles ; c’est la thèse des philosophes “éternalistes” théistes. Leur opinion implique qu’aucun événement contingent ne se produirait jamais. Or le « nécessitant » qu’ils postulent n’existe que dans les esprits, non dans la réalité concrète, à l’instar de l’« Un » qu’ils ont également imaginé, en prétendant qu’il n’en émane qu’un seul effet.