car si tel était le cas, toute Son action serait alors prééternelle ; or une cause efficiente pleinement suffisante entraîne nécessairement son effet : il s’ensuivrait que l’ensemble des choses produites serait ancien de toute éternité, et qu’il n’existerait donc rien de survenu dans le monde, ce qui contredit l’évidence sensible.
Ainsi apparaît l’inanité de cette argumentation qui a déconcerté l’intelligence de la plupart des dialecticiens. En effet, lorsqu’ils disent : « Tout ce qui est indispensable pour qu’Il soit Agent doit être existant de toute éternité ; autrement il adviendrait plus tard sans cause efficiente suffisante, ce qui est impossible. Or, s’il existe de toute éternité, l’effet doit l’accompagner », l’expression même d’« effectuation » est équivoque. Par elle, on peut entendre le genre même de l’effectuation, ou une effectuation déterminée, ou encore l’effectuation universelle qui embrasse toute chose. Elle peut donc être universelle, absolue ou particulière. Si l’on entend par là l’effectuation de toute chose, il s’ensuit que toute chose serait prééternelle, ce qui contredit le témoignage des sens.
De même, si l’on vise une effectuation déterminée, la preuve n’établit nullement son impossibilité, puisqu’il est concevable qu’elle soit subordonnée à un événement antérieur ; eux-mêmes, ainsi que tous les gens doués de raison, admettent la survenue d’une chose précise. Et si l’on entend par là le genre, cela n’établit que la permanence de l’espèce, non l’éternité d’un être particulier. Rien, donc, dans cet argument, ne prouve la prééternité d’aucune partie du monde.
Par ailleurs, al-azal ne désigne pas un moment déterminé. Aussi, lorsque l’on dit que tous les éléments requis pour qu’Il soit Agent sont anciens, prééternels, faut-il demander : s’agit-il de Son être Agent de manière générale, de Son être Agent à l’égard d’une chose précise, ou de Son être Agent à l’égard de toute chose ?
Le premier sens est reconnu par les Pieux Prédécesseurs et les imâms, mais il ne sert aucunement leur thèse ; les deux autres sont rejetés. Car le fait qu’Il soit Agent d’une chose après une autre implique la perpétuité de Son action, sans impliquer l’éternité d’aucune entité du monde, et la permanence de l’effectuation, chose après chose, est