Quant à la régression à l’infini dans les effets, deux opinions bien établies existent chez les spécialistes : la première la déclare impossible, position adoptée par nombre de théologiens spéculatifs, de philosophes et de traditionalistes ;
la seconde en admet la possibilité, ainsi que l’enseignent également beaucoup de traditionalistes, de théologiens et de philosophes.
Ces derniers soutiennent donc que cette régression est admissible et que tout ce qui n’est pas Dieu est créé, survenu après n’avoir pas existé, qu’ils affirment la prééternité du genre de l’acte inhérent seulement, ou celle du genre de l’acte inhérent et de l’acte transitif ; dans l’un comme dans l’autre cas, il demeure possible que tout ce qui est autre que Dieu soit une création survenue après un néant préalable, tandis que le Seigneur, par Sa volonté et Sa puissance, fait exister toutes choses.
Les philosophes ne disposent d’aucun argument capable de réfuter cette thèse ; en effet, aucune de leurs preuves n’exige la prééternité des sphères célestes, des éléments ou, d’une manière générale, d’aucune partie du monde. Tout ce qu’ils avancent ne montre rien d’autre que la perpétuité de l’état du Seigneur en tant qu’Agent, que leurs démonstrations portent sur la cause efficiente, la matière, la forme, la finalité ou autre chose.
Le premier type d’argument consiste, par exemple, à dire que Son caractère d’Agent est nécessaire à Son essence : s’il n’était qu’un accident survenant à Sa nature, il faudrait l’apparition de quelque chose qui Le rendît tel, or cela ne pourrait provenir que d’un acte émanant de Lui, lequel ne saurait à son tour être accidentel par rapport à ce qui le précède ; il faut donc que le fait d’être Agent soit une nécessité inhérente à Son essence.
De même, lorsqu’ils disent : « Il est Généreux, et la cause de Sa générosité réside dans Son essence », et propos similaires, cela ne prouve que le caractère nécessaire du genre de l’action, non un acte déterminé ni un effet particulier. Il n’y a là rien qui établisse la prééternité des cieux, ni de la matière des cieux, ni d’aucune autre catégorie du monde ; cela montre seulement qu’aucun acte précis ne S’impose à Lui, car si