Le phénomène contingent deviendrait ainsi la cause de l’Éternel ; et bien qu’il soit lui-même dans le besoin, à l’instar du conditionné dépendant de sa condition, il n’y a nul doute que le survenu est conditionné par l’Éternel. Si donc l’Éternel était, à son tour, conditionné par lui, chacun des deux se trouverait alors conditionné par l’autre.
Une telle chose n’est concevable que lorsque les deux termes sont les effets d’une seule cause et qu’ils sont tous deux contingents – comme la paternité et la filiation –, ou bien lorsqu’ils sont tous deux éternels, inséparables et sans cause – telle l’Essence et les attributs. Mais si l’un des deux est, en son entité même, éternel, tandis que l’autre est contingent dans ses individus, l’existence de l’Éternel se verrait alors subordonnée à des choses qui ne sont pas encore advenues, et la condition se trouverait postérieure à ce qu’elle conditionne.
On pourrait objecter : « Ce qui est conditionné est l’espèce, laquelle accompagne l’entité ; toutefois l’espèce n’existe que progressivement, de sorte qu’à aucun instant on ne trouve, associé à l’Éternel, qu’un seul individu survenu. Dès lors, cet individu serait la condition de l’existence de cet Éternel, lequel n’existerait qu’en sa présence, tout comme l’un des deux phénomènes survenus n’existe qu’avec l’autre, et de même que l’Essence prééternelle n’existe pas sans l’attribut prééternel. Quant à l’Éternel, il est inséparable de l’Essence, alors que chacun des événements contingents n’est nullement nécessaire, mais seulement accidentel, même si l’espèce, elle, demeure concomitante. »
Au plus fort de l’argument, l’on dira : l’Essence est celle qui nécessite le particulier inséparable, et, pour l’espèce contingente, ses individus. Cela ressemble au rapport de l’un des deux attributs avec l’autre. Il est donc affirmé que la « réalité nécessaire » n’admet pas l’existence de l’Essence sans elle ; et, lorsqu’elle subsiste en l’Essence, elle entre dans sa dénomination et en devient partie intégrante, car les Noms d’Allah – exalté soit-Il – englobent Ses attributs : tout attribut nécessaire qui subsiste dans Son Essence est inclus dans Son Nom, qu’Il soit exalté.
Ainsi, si cette réalité se trouvait subordonnée à des actes qu’Il produit successivement, alors ce qui est