nécessaires à Son être ne sauraient exister qu’en concomitance avec les événements successifs, or ces événements successifs constituent Ses actes. Cela reviendrait donc à affirmer que Son Essence aurait besoin, ou serait subordonnée, à Ses actes successifs.
Or il est notoire que Ses actes dépendent de Lui à tous égards ; il est donc impossible qu’Il dépende de ce qui dépend de Lui.
Voici là une troisième preuve autonome dans cette question : l’existence du monde sans événements successifs est impossible ; si donc Son acte — à savoir la création du monde —, à l’instar de Ses attributs essentiels et inséparables, dépendait de ces phénomènes, il s’ensuivrait que Ses attributs nécessaires dépendraient eux-mêmes des phénomènes, ce qui est inadmissible, car tout ce qui est inséparable de Son Essence et subsiste par elle est un attribut de Celle-ci.
Et si certains prétendent que l’effet est identique à l’action, et que le producteur est identique à l’acte de production — ainsi que l’a soutenu un groupe de rationalistes —, cela est assurément faux ; nous savons en effet que la création de la créature n’est pas la créature elle-même, et cela n’implique nullement que les créatures soient advenues sans acte émanant du Seigneur.
De plus, ceux des mutakallimûn qui ont avancé cette thèse — tel al-Ashʿarî et ceux qui l’ont suivi, comme Ibn ʿAqîl et d’autres — ne l’ont fait que pour éviter la régression à l’infini des effets, laquelle leur paraît impossible ; ils disent en effet : si la création était autre que la créature, et l’influence autre que l’effet, alors, si cette création était éternelle, la créature le serait également, ce qui est impossible ; et si elle était contingente, elle requerrait à son tour une autre création, d’où un enchaînement infini.
Quant à ceux qui les ont contredits, ils se répartissent en trois groupes. Le premier soutient que l’acte lui-même est ancien, éternel sans commencement, tandis que son produit est créé ; c’est l’opinion professée par des groupes parmi les disciples d’Abû Ḥanîfa, Mâlik, ash-Shâfiʿî et Ahmad, par les gens du hadith, les soufis, ainsi que par certains théologiens.