Al-ṢafadiyyaIbn Taimiya

Le principe voulant que ce qui ne se départ pas des événements soit contingent : s’il est valable, il entraîne la contingence de tout ce qui est autre qu’Allah ; s’il est invalide, il ne démontre ni la contingence des corps ni celle d’aucune autre entité.

Dès lors, l’affirmation de celui qui prétend que leur argument n’implique la contingence que des corps, à l’exclusion du reste, est infondée. En effet, selon la première hypothèse, tout ce qui n’est pas exempt d’événements est contingent, son apparition étant précédée de non-existence ; or ce qui apparaît après l’inexistence ne saurait procéder d’un Ancien nécessaire par essence et agissant de toute éternité, car ce qui produit par sa propre nécessité depuis l’éternité produit de façon également éternelle et ne génère pas un contingent précédé par le néant. Que cette survenue advienne par l’intermédiaire d’un moyen ou sans moyen, il demeure impossible, dans cette hypothèse, que l’Être nécessaire par Lui-même soit un agent par essence depuis l’éternité.

Par conséquent, il est impossible qu’existe avec Lui quelque coéternel, qu’on le dénomme intellect, âme ou autre. Car, si l’on postulait un intellect ancien mais contingent, il devrait procéder d’une cause parfaite et prééternelle — l’agent nécessaire par essence dans l’éternité — et son effet l’accompagnerait perpétuellement sans jamais le quitter. Dans ce cas, l’apparition d’événements après qu’ils n’existaient pas serait exclue.

Il ressort donc que, si l’on admet que les événements ont un commencement et qu’il est impossible qu’il existe une suite d’événements dépourvue de premier terme, il s’ensuit que le Créateur agit par choix et qu’il n’y a, de toute éternité, absolument aucun coéternel avec Lui.

Dès lors, si les preuves avancées par ces dialecticiens en faveur de la contingence des corps et des accidents sont fondées, la contingence de tout ce qui est autre qu’Allah s’impose nécessairement. Il devient également manifeste que les premiers maîtres de ces dialecticiens étaient plus perspicaces que leurs successeurs et plus efficaces pour réfuter les philosophes et leurs semblables, et que les objections que les tardifs leur ont adressées sont dénuées de validité.

الذي لا يخلو عن الحوادث إن كانت صحيحة لزم حدوث كل ما سوى الله وإن كانت باطلة لم تدل لا على حدوث الأجسام ولا غيرها. فقول القائل: إن دليلهم يتضمن حدوث الأجسام دون ما سواها قول باطل وذلك أنه على التقدير الأول يكون كل ما لا يخلو عن الحوادث فهو حادث حدوثا مسبوقا بعدم والحادث عن عدم لا يكون صادرا عن قديم موجب بذاته في الأزل فإن الموجب بذاته في الأزل يكون موجبا أزليا لا يكون حادثا مسبوقا بالعدم وسواء كان حدوث الحادث عنه بوسط أو بغير وسط فامتنع على هذا التقدير أن يكون الواجب الوجود بنفسه موجبا بالذات في الأزل وإذا امتنع هذا امتنع أن يكون معه قديم سواء سمي ذلك القديم عقلا أو نفسا أو غير ذلك فإنه إذا قدر عقل قديم ممكن لزم أن يكون صادرا عن علة تامة قديمة وهو الموجب بذاته في الأزل وأن يكون معلوله دائما معه لا يتخلف منه شيء وعلى هذا التقدير فيمتنع حدوث الحوادث بعد أن لم تكن فظهر بذلك أنه إذا قدر أن الحوادث لها ابتداء وأنه يمتنع وجود حوادث لا أول لها لزم أن يكون الباري فاعلا باختياره وأن لا يكون معه في الأزل قديم أصلا. فتبين بذلك أن أدلة هؤلاء النظار على حدوث الأجسام والأعراض إن كانت صحيحة لزم حدوث كل ما سوى الله وتبين بذلك أن أئمة هؤلاء النظار أحذق من متأخريهم وأقوى ردا على الفلاسفة وغيرهم وأن ما اعترض متأخروهم عليهم باطل.

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