La seconde est la méthode de ceux qui soutiennent : « L’existence n’est concevable que pour ce qui peut être désigné du doigt ou pour ce qui subsiste dans ce qui peut être ainsi désigné ; et deux entités existantes sont nécessairement soit distinctes l’une de l’autre, soit réunies dans le même lieu. » Parmi ces derniers, certains déclarent explicitement qu’il n’existe rien d’autre que le corps et ce qui inhère au corps, comme cela est exposé ailleurs.
La troisième méthode consiste à dire : accordons que l’on n’ait pas établi l’inexistence de tout ce qui n’est pas corps ou accident ; toutefois, la preuve de leur contingence implique la contingence de tout ce qui est autre qu’Allah.
Cela devient clair par la quatrième réponse : il ne fait aucun doute que les penseurs qui affirment la contingence des corps du monde et de leurs accidents — Muʿtazilites, Kullâbites, Karrâmites, Hachémites, Najjârites, Ḍarârites, Jahmites, ainsi que ceux qui les ont suivis parmi les juristes, les soufis et les traditionalistes — et qui fondent leur argument sur le principe que ce qui ne se départ pas des événements est contingent, se divisent en deux catégories.
La première soutient que le corps ne saurait être dépourvu d’événements et que ce qui ne se départ pas des événements est contingent ; ceux-ci affirment donc, de façon absolue, la contingence des corps et de leurs accidents.
La seconde affirme que le corps se divise en deux espèces : l’une est exempte d’événements, l’autre ne l’est pas ; seul ce dernier type est contingent, non le premier, comme le soutiennent certains Hachémites, Karrâmites et d’autres. Selon eux, le repos est une simple privation, non une réalité positive, et la survenue initiale d’événements dans l’Éternel, après qu’ils n’existaient pas, est semblable à la survenue initiale d’événements procédant de Lui, après qu’ils n’existaient pas. Les arguments de ceux-ci pour établir la contingence du corps