quoi que ce soit. Al-Ārmawî évoqua alors sa propre réplique, qu’il qualifia de « réponse éclatante », empruntée aux propos d’ar-Râzî, lequel avait déjà formulé cette même solution—qu’il nommait aussi « l’éclatante »—dans son ouvrage Al-Maṭālib al-ʿĀliya. Il y soutient que l’éternité du monde corporel ne s’ensuit nullement, puisqu’il demeure concevable qu’existe, de toute éternité, un intellect ou une âme, d’où procèdent des représentations successives, chacune survenant après la précédente, jusqu’à ce que l’on parvienne à une représentation particulière constituant la condition de l’effusion du monde corporel à partir du Principe immémorial.
Quant à al-Hindî, il ne disposait de rien d’autre que de ce qu’il avait rapporté des dires de ces auteurs. C’est sur cette même réplique qu’Abû ʿAbd Allâh al-Qushayrî, plus connu sous le nom d’Ibn Daqîq al-ʿÎd, bâtit son opinion : il affirma que seuls les corps sont créés dans le temps, tout en considérant que l’ensemble des possibles procède du Nécessaire.
Cette réponse repose toutefois sur leur conjecture fallacieuse, à savoir que la preuve n’établirait que la survenue des corps, à l’exclusion des autres êtres contingents. Ils fondent cet avis sur l’idée que les théologiens n’auraient pas démontré qu’il n’existe de possible que le corps ou l’accident, comme l’ont souligné ash-Shahrastânî, ar-Râzî, al-Āmidî et d’autres parmi les mutakallimûn tardifs dont le kalâm est mêlé de philosophie, qu’ils soient muʿtazilites ou ashʿarites.