De même, aucune de ces objections n’atteint ceux des sommités de la philosophie qui les ont suivis en professant que les actes volontaires résident dans Son Essence et qu’Il n’a jamais cessé d’être ainsi, comme l’affirme Abû al-Barakât, auteur de l’ouvrage Al-Muʿtabar, ainsi que d’autres, tant parmi les premiers que parmi les derniers philosophes. En effet, ces derniers appliquent avec constance le principe déjà énoncé selon lequel la cause efficiente parfaite implique nécessairement son effet, et que l’effet demeure indissociable de cette cause parfaite, sans opérer de distinction, sur ce point, entre une cause et une autre.
Selon eux, le Seigneur – Exalté soit-Il – est l’Auteur, par Sa puissance et Son choix, de tout ce qui est autre que Lui. Et si l’on Le qualifie de « nécessaire par Essence » (mûjib bi-dh-dhât), on entend par là qu’Il fait exister, par Son Essence dotée de puissance et de volonté, les contingences qu’Il produit, au moment précis où Il les produit ; cela, à leurs yeux, est véridique, tout comme les musulmans disent : « Ce qu’Allah veut advient, et ce qu’Il ne veut pas n’advient pas. » Ils affirment encore que tout événement contingent possède, lui-même, une cause contingente, et que la perfection de l’agir du Seigneur – Exalté soit-Il – à l’égard de chaque effet se réalise au moment où Il le produit, conformément à la parole du Très-Haut :
« Son ordre, lorsqu’Il veut une chose, consiste seulement à lui dire : “Sois”, et elle est. » (Sûrat Yâ Sîn, v. 82).
Sur la base de leur principe, ils peuvent donc, de façon cohérente, mettre au jour la contradiction des philosophes qui postulent l’éternité des sphères célestes, ainsi que la nullité de leur preuve et de leur doctrine. Quant aux autres, même s’ils dévoilent la contradiction de ces philosophes sous un certain aspect, ils se contredisent, pour leur part, sous un autre : ils réfutent une fausseté par une fausseté et opposent une innovation à une autre innovation. Cela étant, plus un homme est proche de la voie des Messagers, plus sa parole est solide et conforme à la raison évidente comme à la transmission authentique ; inversement, plus il s’en éloigne, plus il s’égare, car la raison saine ne peut être appréhendée que dans la concordance avec les enseignements des Messagers, non dans leur opposition.
L’intention, ici, est donc de démontrer l’invalidité de l’opinion de ces philosophes et de leur doctrine, et que