de l’existence de la chose voulue. Si l’on admet que ce principe (- la puissance ou la volonté ‑) existe, avant l’apparition de la chose voulue, exactement dans le même état que lors de l’apparition de celle-ci, il en découle que son existence serait éternelle sans rien produire ; et, l’état n’ayant pas changé, il ne produirait rien non plus par la suite. Cette opinion est encore plus faible que celle qui fait survenir l’effet aussitôt après la volonté et la puissance ; car, dans le premier cas, nous avons une cause dont l’effet est retardé, tandis que, dans le second, il y aurait un effet sans cause, et prétendre qu’il existe un effet sans cause est plus corrompu encore que de soutenir qu’un effet survient avec retard par rapport à sa cause.
C’est pourquoi le blâme que les gens adressent aux Qadariyya pour avoir déclaré qu’Allah ne détient à l’égard des croyants aucune grâce particulière qu’Il n’ait également accordée aux mécréants, est plus sévère que le blâme qu’ils leur adressent lorsqu’ils affirment que la foi procède d’une puissance et d’une volonté préexistantes.
En effet, les hommes savent qu’ils ont un besoin pressant d’Allah ‑ exalté soit-Il ‑ pour qu’Il les guide et les assiste dans la foi et dans l’accomplissement des œuvres pies, bien davantage qu’ils ne savent que l’effet accompagne nécessairement sa cause. Et si l’on disait à l’un d’eux : « L’assistance accordée aux Compagnons afin qu’ils croient est identique à celle qui fut accordée à Abû Jahl et Abû Lahab », sa nature première se hâterait de rejeter catégoriquement une telle affirmation.
Il en va de même pour les cas analogues, tels que l’on dirait : « L’aide dont bénéficie celui qui accomplit la prière est la même que celle dont bénéficie celui qui la délaisse », ou : « Le soutien accordé au bien-guidé est identique à celui accordé à l’égaré ». La disposition innée atteste que, si les deux situations étaient réellement équivalentes, l’un ne serait pas distingué de l’autre par l’obéissance.
Et cela, bien que l’égalité invoquée par les Qadariyya ne concerne que la puissance ; quant à la volonté, ils prétendent que le croyant fait naître, de lui-même, la volonté de croire. Ainsi, si