Cependant, la majorité d’entre eux se contredit : sur ce point précis, ils affirment que la capacité n’existe qu’en même temps que l’acte, alors qu’en fiqh et dans ses fondements ils considèrent que le pécheur est capable d’obéir, de même que le ḥajj est obligatoire pour celui qui en a l’istitaʿa, qu’il l’accomplisse ou non. Ils vont même jusqu’à réduire la controverse à une question purement verbale, soutenant que la bonne santé préalable et l’intégrité physique antérieure ne constituent pas l’istitaʿa qui ne se réalise qu’avec l’acte.
On leur rétorque donc : les textes du Livre et de la Sunna imposent d’inclure cela dans la notion d’istitaʿa ; et si la divergence n’est que verbale, les termes qui méritent le plus d’être respectés sont ceux qu’emploie le Législateur dans le Livre et la Sunna.
En somme, l’avis des Gens de la Sunna et de la Communauté qui affirment le décret divin et reconnaissent qu’Allah est le Créateur des actes des serviteurs est que l’ensemble de ce qui rend possible l’acte du serviteur n’existe qu’au moment même où cet acte advient.
Ils divergent toutefois au sujet des actes d’Allah. Les Kullābiyya, ainsi que les juristes parmi les disciples des quatre imams et autres qui les suivent, soutiennent que la puissance pré-éternelle et la volonté pré-éternelle suffisent à faire advenir tout ce qui survient, exactement au moment où cela survient, sans qu’aucune réalité nouvelle ne surgisse. Pour eux, la cause complète précède donc son effet ; ou bien ils affirment qu’entre dans la composition de la cause le rapport accidentel qui se crée lors de l’apparition de l’effet, mais ce rapport, à leurs yeux, est dépourvu d’existence réelle.
Quant aux Karrāmiyya et à ceux qui leur ressemblent, bien qu’ils avancent que, lors de l’apparition de certains événements