précède temporellement l’effet ; c’est pourquoi ils disent que la capacité d’agir n’existe que précédant l’acte, et de même la volonté d’agir.
Quant aux gens de la Sunna qui affirment le décret divin, ils estiment qu’il est indispensable que la capacité soit présente au moment même de l’acte. Par « capacité », ils entendent l’ensemble de ce par quoi le serviteur devient agent, ce qui comprend la volonté et tout ce qui s’y rattache.
Toutefois, ils divergent pour savoir s’il est permis que cette capacité existe avant l’acte et se maintienne jusqu’à son accomplissement — la volonté venant alors s’y adjoindre — ou si elle ne peut exister qu’au moment de l’acte. Deux opinions sont rapportées à ce sujet :
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La première est l’avis des imams juristes parmi les gens de la Sunna — rapporté d’Abû Ḥanîfa, Abû Muḥammad b. Kullâb, Abû al-‘Abbâs al-Qalânisî, Abû al-‘Abbâs b. Surayj et d’autres — qui soutiennent que la capacité vaut pour les deux contraires. C’est l’opinion des fuqahâʾ et de la majorité, qui subdivisent la capacité en deux catégories :
a) une capacité qui rend l’acte valable ; elle est requise pour les prescriptions et les interdictions et est partagée par l’obéissant et le désobéissant ;
b) une capacité qui entraîne nécessairement l’acte ; celle-ci est propre à l’obéissant, à l’exclusion du désobéissant. -
La seconde est la position de ceux qui affirment que la capacité n’existe qu’au moment de l’acte, que ce qui, selon la science divine, ne se produit pas n’est pas à la portée du serviteur, et que le pécheur n’est pas capable d’obéir. Tel est l’avis d’Abû al-Ḥasan al-Ashʿarî et de ceux, parmi les théologiens et les juristes — affiliés à Mâlik, à al-Shâfi‘î, à Aḥmad et à d’autres — qui partagent sa vue.