réduit à l’inactivité, incapable d’agir ni de parler ; puis, par la suite, Il serait devenu capable d’agir et de parler. Il aurait donc passé de l’incapacité à la capacité sans qu’aucun fait nouveau ne survienne, et la chose serait passée de l’impossibilité intrinsèque à la possibilité intrinsèque sans qu’aucun événement ne se produise. Il s’ensuivrait qu’entre le Créateur et le premier de Ses actes ou de Ses paroles s’interposerait une durée illimitée – alors même qu’il n’existe aucune durée – et qu’il y aurait, avant le temps, un autre temps, puis un autre encore, et ainsi de suite : autant d’innovations introduites par les théologiens jahmites, muʿtazilites et leurs émules au sein de l’Islam.
Quand vinrent les négateurs impies, ils constatèrent la corruption de ces assertions ; ils crurent qu’en les réfutant par l’affirmation de l’éternelle activité du Seigneur et par le principe selon lequel tout ce qui peut émaner de Lui doit nécessairement émaner de Lui, il en résulterait l’éternité et la permanence de ce monde ; que le Seigneur, exalté soit-Il, n’aurait ni créé ce monde, ni opéré de changement en lui, ni établi la Grande Résurrection, puisque Son acte serait un et ne varierait pas.
Ceci compte parmi les pires formes d’ignorance et d’égarement ratione comme l’une des plus graves manifestations d’athéisme d’un point de vue révélé. En effet, l’acte n’est pas identiquement unique ; s’il l’était, rien n’adviendrait jamais. Or, puisqu’Il crée successivement une chose après l’autre, il n’y a aucune différence entre le fait de faire surgir des espèces animales qui n’existaient pas, de faire surgir un univers qui n’existait pas, ou de faire surgir des individus qui n’existaient pas.
Les événements variés de l’univers témoignent de la survenue d’actes qui les ont produits. C’est pourquoi, exalté soit-Il, le Très-Haut expose les preuves de l’existence du Créateur par le surgissement d’événements observables : la descente de la pluie, la germination des plantes, la création de l’homme et des autres êtres vivants.
Nous avons, ailleurs, mentionné la divergence des gens à ce sujet : un groupe parmi les théologiens spéculatifs, muʿtazilites et autres, soutient que la cause efficiente complète doit