Et s’il est objecté : « Elle ne rend nécessaire la survenue du second événement qu’à la condition de l’inexistence du premier »,
on répond :
Les contingents qui émanent d’elle sont multiples, car les mouvements eux-mêmes sont multiples ; le mouvement de la neuvième sphère, en effet, n’est pas à lui seul l’agent de tous les événements ; les mouvements propres à chaque sphère ne procèdent pas de lui.
Dès lors, elle produit des mouvements variés, les uns après les autres, et des événements divers, les uns après les autres ; il est donc impossible qu’elle en ait été, de toute éternité, la cause nécessaire, et il est tout aussi impossible qu’il se produise en elle quelque chose qui la rende cause nécessaire sans acte de sa part, car l’argument qui fait d’elle la cause de la condition vaut également pour la chose conditionnée.
Or ces événements ont un support ancien — cela est connu ; par conséquent, ce qui, de toute éternité, a constitué la cause suffisante de ce support doit aussi être la cause des effets, successivement, tout en demeurant, pour sa part, dans un état unique, de l’éternité passée à l’éternité future.
L’effet procède de la cause et lui est inséparable ; si la cause demeure dans un état unique, l’effet doit, lui aussi, demeurer dans un état unique ; autrement, l’effet existerait sans la cause.
Tel est, à proprement parler, l’enseignement de ces gens : tout ce qui se trouve dans l’effet provient de la cause. Dès lors que l’on postule que la cause n’a pas d’action variée, ne possède pas d’attributs diversifiés et qu’il ne s’y produit rien de nouveau, il faut bien que l’effet, de même, soit unique, sans variation ni nouveauté — ce qui contredit l’expérience sensible ; point n’est possible d’y échapper.
Leurs esprits les plus aiguisés le reconnaissent, car ce qu’ils prétendent va à l’encontre de la raison évidente pour quiconque saisit réellement leur doctrine. Ils n’ont osé avancer cela qu’en misant sur les théologiens innovateurs du kalâm — blâmés par les Pieux Prédécesseurs et les Imâms pour les faussetés, tant scripturaires que rationnelles, que recèle leur discours — lesquels ont contredit la révélation et la raison, et se sont imaginés que les Messagers avaient rapporté que le Créateur était