à ce qui se produit de la part de ses associés. Quant à l’Être nécessaire par Essence, qu’ils nomment la Cause première et le Premier principe, Son effusion, à Lui, ne dépend pas d’autre chose que Sa propre Essence ; Il n’a pas de partenaire dont Il aurait besoin. Bien au contraire, tout ce qui est en dehors de Lui procède de Lui et constitue un effet qu’ils appellent son « ma‘lûl », son « produit nécessaire », ou d’autres termes analogues. Il n’est donc pas admissible que l’effusion du Seigneur – qu’Il soit exalté – soit conditionnée par la survenue d’un événement émanant d’un autre que Lui, comme ils l’ont admis pour l’intellect agent, et l’analogie qu’ils dressent avec celui-ci ne vaut que selon leur propre doctrine.
Quant aux musulmans, ils ne reconnaissent aucune réalité à l’« intellect agent » ; l’exemple pertinent est plutôt celui du soleil : quand il apparaît, sa lumière et sa chaleur se répandent universellement, bien que leur manifestation dépende de dispositions et de capacités réceptives. Ainsi, s’il existe un toit ou un nuage qui empêche la diffusion de sa lumière et de sa chaleur, puis que cet obstacle disparaît, la lumière et la chaleur se produisent sans qu’un acte nouveau soit survenu dans la substance même du soleil ; ce phénomène provient seulement de l’apparition d’un événement dans autre que lui.
Deuxièmement : on peut dire que l’Être nécessaire par Essence, l’Éternel, Seigneur des mondes – qu’ils appellent la Cause première et le Premier principe –, ou bien Il constitue, de toute éternité, une cause complète par Lui-même, c’est-à-dire qu’Il entraîne et produit par Sa seule Essence, comme ils le prétendent, ou bien Son émanation dépend d’un autre. Si l’on adopte la première option, il s’ensuit que tout ce qu’Il cause et exige est conjoint à Lui de toute éternité ; tous Ses effets seraient donc éternels, alors que chaque événement contingent ne l’est pas ; aucun d’eux ne serait dès lors parmi Ses effets ; aucun n’interviendrait à partir de Lui, ni par intermédiaire ni autrement. Il s’ensuivrait qu’ils n’auraient absolument aucun producteur, puisqu’il n’existe pas d’autre Être éternel nécessaire que Lui qui puisse être le principe des événements et leur cause, avec médiation ou sans médiation.
Et si l’on disait que Son émanation dépend d’un autre, il en résulterait qu’Il ne serait pas une cause complète, et ne