Et parmi ce qui atteste qu’Il parle parole après parole, il y a Sa parole :
« Certes, l’exemple de ʿÎsâ, auprès d’Allâh, est semblable à celui d’Âdam : Il le créa de poussière, puis Il lui dit : “Sois !”, et il fut. »
(Sourate Âl ʿImrân, v. 59),
ainsi que d’autres passages du même ordre.
Leurs contradicteurs, quant à eux, se fondent sur des preuves montrant qu’il s’agit d’un attribut d’Allâh subsistant en Son Essence, et qu’il est impossible que Sa parole se réduise à ce qu’Il créerait en dehors de Lui. Car si la parole était créée, elle ne Lui serait pas attribuée à titre exclusif en tant que « Parole » ; elle ne Lui serait rapportée qu’au même titre que les autres créatures. Il en découlerait que toute parole qu’Il créerait dans un autre serait Sa parole, puisqu’Il est le Créateur de toute chose ; dès lors, toute parole serait Sa parole, et tout son qu’Il créerait serait Son propre son. Or nul n’est qualifié de Locuteur que celui en qui la parole subsiste, tout comme nul n’est qualifié de savant, de vivant ou de mobile que celui en qui subsistent la science, la vie ou le mouvement.
Ces derniers affirment donc : la parole relève des attributs essentiels (ṣifât adh-dhât) et non des attributs d’acte (ṣifât al-fiʿl).
La majorité des gens du ḥadîth, du kalâm, du fiqh, du taṣawwuf et d’autres disciplines rétorquent que la portée des preuves authentiques des deux camps est correcte, qu’il n’existe entre elles ni contradiction ni opposition, et qu’il n’y a aucune incompatibilité à ce que la parole soit à la fois un attribut essentiel et un attribut d’acte. En effet, les divisions se ramènent à trois catégories :
-
Ce par quoi l’Essence est qualifiée sans que la Puissance ni la Volonté ne s’y rattachent, telle la vie.
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Ce qui est créé, distinct d’Allâh ; il s’agit des êtres produits (mafʿûlât). Pour ces deux premières catégories, la plupart emploient le terme d’« actes » (afʿâl) et ne distinguent pas entre l’acte et l’effet, la création et la créature. D’aucuns, toutefois, opèrent une distinction tout en soutenant qu’il n’existe que l’Éternel ou le créé ; ils élèvent alors l’acte de « takwîn » (faire advenir) au rang d’attribut éternel, comme d’autres le font pour la Volonté.