Les Hâchimiyyah, les Karrâmiyyah, Abû Muʿâdh, Zuhayr al-Atharî, ainsi que divers jurisconsultes issus des disciples des quatre imâms, de l’école de Dâwûd ibn ʿAlî et d’autres encore, soutiennent pour leur part qu’il existe une troisième catégorie : elle n’est ni une créature distincte d’Allâh ni éternelle dans son individu, quand bien même son genre est, lui, éternel. En effet, on peut qualifier une chose d’« ancienne » en ce sens qu’elle n’a cessé d’exister, réalité après réalité ; on peut aussi dire qu’elle est « ancienne » au sens où son individu même existe de toute éternité.
Lorsque les Muʿtazilites, les Kalâbiyyah et ceux qui les ont suivis en vinrent à croire qu’il n’existait que deux positions — soit l’éternité, soit la création — et qu’il n’y a, selon eux, d’existant que celui dont l’individu même est éternel et n’a jamais cessé d’être, ou bien une créature séparée d’Allâh, la controverse au sujet du Coran s’étendit. Les partisans de la thèse de la création (al-khalaqiyyah) invoquèrent alors ce qui prouve que le Coran est subordonné à la volonté et à la puissance d’Allâh, que la parole implique l’acte du Locuteur. Ils se sont appuyés sur ce qui montre que la parole est un acte lié à Sa volonté et à Sa puissance et qu’Il prononce des paroles rattachées aux moments temporels, comme lorsqu’Il dit :
« Et lorsque Nous dîmes aux anges : “Prosternez-vous devant Âdam.” » (Sourate Ṭâ-Hâ, v. 116),
« Nous en avons certes fait un Coran en langue arabe. » (Sourate az-Zukhruf, v. 3),
et : « Ses versets ont été parfaitement établis, puis détaillés. » (Sourate Hûd, v. 1).