Il est en effet notoire que les Anciens (Salaf) déclaraient :
« Le Coran n’est pas créé. »
Quant aux Muʿtazilites, aux Kalābiyyah et à ceux qui les suivirent parmi certains traditionnistes, juristes et soufis, ils ne reconnaissaient que deux catégories : l’Ancien (al-Qadîm) et le créé. Pour eux, le Seigneur est ancien – dépourvu de Ses attributs selon les Muʿtazilites, ou pourvu de Ses attributs selon les Kalābiyyah –, tandis que tout le reste est une créature distincte d’Allāh, advenue après le néant.
Ces derniers en vinrent donc à croire que quiconque affirme que le Coran n’est pas créé signifie par là qu’il constitue une ancienneté inhérente à l’Essence d’Allāh, indépendante de Sa volonté et de Sa puissance, et qu’il n’est pas permis de dire qu’Il est capable de parler ou qu’Il parle quand Il le veut. Tel est l’un des deux avis rapportés d’Abû Ḥanîfa, Aḥmad, ash-Shâfiʿî, Mâlik et d’autres.
Les deux positions ont été rapportées des disciples de l’imâm Aḥmad par Abû Bakr ʿAbd al-ʿAzîz dans son ouvrage, ainsi que par Abû ʿAbdillâh ibn Ḥâmid dans son traité d’uṣûl. Quant à la seconde opinion – celle de la majorité des gens du ḥadîth, des imâms de la Sunnah et de divers groupes parmi les théologiens