Il a été rapporté qu’Allāh ordonna au Calame d’écrire uniquement ce qui se produirait jusqu’au Jour de la Résurrection ; tandis qu’eux soutiennent que ce Calame est l’initiateur de tout l’univers et le seigneur de toute chose après le Premier. Il a également été déclaré qu’Allāh avait décrété cette chose et l’avait inscrite cinquante mille ans avant de créer les cieux et la terre, et qu’après avoir consigné toute chose dans le « Rappel », Il créa les cieux et la terre. Eux, cependant, prétendent que le Calame et son produit sont tous deux éternels, sans commencement ; que les cieux et la terre n’ont jamais cessé d’exister avec lui, qu’ils sont engendrés par lui et dépendent de lui, sans lui être postérieurs, ne fût-ce qu’un instant, à plus forte raison cinquante mille ans.
En outre, d’après eux, du premier Intellect procèdent le second Intellect, l’Âme et la Sphère ; or l’émanation d’un intellect est, pour eux, plus noble que celle de l’âme et de la sphère, et cette émanation est plus grandiose que le simple fait de graver quelque chose dans l’âme. Quant à l’âme céleste, la majorité affirme qu’elle n’est qu’un accident inhérent à la sphère, tandis qu’Ibn Sīnā et un petit groupe soutiennent qu’elle est une substance subsistant par elle-même. Comment donc désigner le premier Intellect par l’un de ses actes les plus faibles, sans le nommer d’après ses actes les plus sublimes et les plus éminents ? Et si pareille dénomination devait se répandre, l’Être nécessaire par Lui-même serait, lui aussi, appelé « Calame », puisqu’Il enseigne au premier Intellect ce qu’Il enseigne à l’Âme.
Ils disent encore : « Les intellects sont les anges dont ont parlé les Messagers. » Si les intellects devaient être appelés « calames » parce qu’ils gravent le savoir dans les âmes, alors les anges devraient, eux aussi, être nommés calames ; or, celui qui affirme que les anges sont des calames est plus vil qu’une bête de troupeau. Par la même logique, tout enseignant devrait être appelé « calame ». Une telle terminologie n’existe pas dans la langue arabe, ni au sens propre ni au sens figuré.
Par ailleurs, il fut dit au Calame : « Écris ce qui est destiné à advenir jusqu’au Jour de la Résurrection. »