Ils se confirment donc mutuellement, et les Anciens proclamèrent que le Coran est la Parole d’Allâh, incréée, lorsque surgirent les jahamites et les mu‘tazilites qui disaient : « Il est créé, produit en dehors de Lui ». Ils mentionnèrent alors ce qui réfute pareille thèse et affirmèrent : « La Parole d’Allâh est incréée » ; ils dirent encore : « De Lui elle procède et vers Lui elle retourne », car ces contradicteurs prétendaient qu’elle ne procède pas de Lui, mais qu’elle commence dans le lieu créé où Il l’aurait produite.
Les Pieux Prédécesseurs répondirent donc :
« De Lui elle procède »
en réfutation de ces derniers. Ils déclarèrent : si elle était créée et séparée de Lui, elle ne serait pas Sa parole, mais celle du lieu où elle aurait été créée ; or, le Seigneur ne se voit pas qualifier par ce qu’Il crée en dehors de Lui et qui n’existe pas en Lui, de même qu’Il n’est pas qualifié par les couleurs, les saveurs ou les mouvements qu’Il crée chez d’autres.
L’attribution à Allâh est de deux ordres : l’attribution d’un attribut et l’attribution de servitude. La première concerne ce qui ne subsiste pas par soi-même, comme la science, la parole et assimilés ; la seconde vise ce qui subsiste par soi-même, tels le serviteur, l’esprit, la Maison, la chamelle, la Terre, etc. Quant aux entités concrètes, leur attribution se présente sous deux formes : une simple attribution de propriété, et une attribution d’exclusivité – parce qu’on L’y adore ou pour une autre raison –, comme l’attribution de la chamelle, de la mosquée, et ainsi de suite.
C’est pour cela que les Anciens ont dit :
« La Parole d’Allâh vient d’Allâh, et rien de ce qui vient d’Allâh n’est créé. »
Ils ont encore affirmé :
« Sa Parole émane de Lui et n’est pas séparée de Lui. »
Tout cela pour réfuter ces opposants. Aucun d’eux n’a jamais soutenu que la Parole serait une unique signification subsistant dans l’Essence et qui serait à la fois la Torah et l’Évangile ; et jamais ils n’ont prétendu que tous les sons par lesquels Allâh parle existeraient simultanément, sans succession, coexistant en un même instant, éternels et incréés, ni que la voix qu’entendit Moïse serait ancienne, prééternelle, sans commencement ni fin.